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Du traumatisme à la transformation -

L'histoire de Kathy Collins

9 août 2015



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Musique : "Amazing Grace"





Transcription et traduction par The Avalon Translation Project.



(Écran)
Le Forum de Project Avalon

Cette vidéo parle de
ce qui est connu sous le nom de
 PROJET MONARCH.

Le Projet Monarch est un programme de contrôle mental ("MK-ULTRA"),
destiné à créer des "esclaves sexuels".

Au cours des dernières années,
on a révélé de plus en plus de choses
à ce sujet dans les grands médias.

Ce phénomène est difficile à regarder en face, ou même
à imaginer, mais il est bien réel.

L'abus sexuel rituel satanique, par exemple,
est bien une atroce réalité.

Il est presque impossible,
à des personnes saines et normales, de comprendre
comment, dans notre monde moderne,
de telles choses peuvent exister.

Plusieurs femmes extrêmement courageuses
sont venues au grand jour raconter
ce qu'elles ont vécu, enduré,
et ce à quoi elles ont survécu.

Deux noms connus sont ceux de
Cathy O'Brien et Cisco Wheeler.

En voici une autre.
Elle s'appelle Kathy Collins.

Elle raconte non seulement ce qu'on lui a fait,
mais son itinéraire vers la guérison,
le pardon, et la transformation.

Kathy a fait le choix de ne pas entrer
dans les détails de ce qu'elle a vécu d'horrible.
Non pas parce qu'elle ne peut pas les regarder en face
-- elle le peut --
mais parce qu'elle veut avant tout
nous parler de sa convalescence.

Dans l'interview vidéo qui suit
Kathy nous présente essentiellement
la guérison et la transformation
qu'elle a vécues.
Elle pense que ceci peut aider
TOUS CEUX qui ont vécu un traumatisme majeur,
quel qu'il soit.

Le message de Kathy :
Le fait d'avoir subi de terribles événements
ne doit pas ruiner notre vie.

L'itinéraire de Kathy
n'est pas seulement empreint
de traumatismes et de douleur,
mais aussi d'inspiration
et d'espoir.

L'Histoire du Bouddha en Or

Extrait du documentaire de 2011 sur
Joseph Campbell :
FINDING JOE


Alan Cohen : "Il y a très longtemps, en Thaïlande, il y avait un temple qu'on appelait le Temple du Bouddha en Or. Et il s'y trouvait une énorme statue d'un Bouddha en or.


Et la nouvelle est arrivée, dans le village où se trouvait ce monastère, qu'il allait être envahi par l'armée d'un pays voisin.


Et ils ont eu l'idée géniale de couvrir ce bouddha en or, qui était très grand, de boue et de mortier, pour qu'il ressemble à un bouddha en pierre, et que l'armée n'y accorde aucune valeur.

Et bien sûr, cette armée est arrivée avec armes et bagages et quand ils sont passés par le monastère, il n'y ont vu qu'un bouddha en pierre, et ils n'y virent aucune raison de le piller.

Les années ont passé, et l'armée continuait à occuper les lieux -- jusqu'à ce que plus personne dans le monastère et le village ne se rappelle que le bouddha était doré.

Jusqu'au jour où un jeune moine, qui était assis sur le bouddha à méditer agenouillé, se relève et qu'un petit morceau de mortier craquelé tombe et révèle quelque chose de brillant. Il a compris qu'il y avait de l'or dessous et il a rejoint en courant ses collègues moines en criant : "Le bouddha est en or ! le bouddha est en or !".

Ils sont tous sortis et se sont rendu compte qu'il disait la vérité. Ils ont pris leurs pioches et leurs marteaux et ont fini par dégager le bouddha en or.

Bon, quelle est la métaphore ici ? Eh bien, c'est que chacun de nous est par nature en or. Nous sommes nés dorés, nous sommes nés grands, nous sommes nés avec la vérité, nous sommes nés avec la connaissance, nous sommes tous reliés à notre bonheur, toutes les matières spirituelles. Nous ne faisons qu'un avec le Christ, avec le Bouddha, avec tout le monde.

Mais ensuite nous sommes allés à l'école, et ils vous ont dit : "Il faut que tu sois comme ça. Tu dois être comme ça, en gentil garçon, une gentille fille, un gentil Noir, un gentil Blanc, bla bla, bla bla."

Si bien que nous fabriquons une carapace de pierre sur le bouddha, au point que dès le plus jeune âge, à 4, 5, 6 ou 7 ans peut-être, nous croyons être le Bouddha en pierre et non le Bouddha en or.

Et puis, survient quelque chose qui fait craquer notre carapace : ce peut être une blessure, un divorce, des problèmes financiers, un changement de gouvernement, quelque chose qui nous effraie et nous embête vraiment, et qui fait sauter un morceau de notre armure, et au moment où ce morceau est arraché, vous regardez à l'intérieur et vous voyez l'or.

Et laissez-moi vous dire, mon ami, au moment où vous voyez cet or, l'armure et le mortier ne vous plairont plus jamais. A ce stade, vous devenez le véritable, les véritables héros de vos aventures, et tout ce que vous voulez alors faire, c'est de retirer cette pierre, parce que l'or, c'est tellement plus amusant...



Kathy Collins : La bonne nouvelle, c'est que nous avons en nous quelque chose d'immuable. D'IMMUABLE. Ils reconnaissent ce centre immuable. C'est là l'or qu'ils veulent vous prendre.

Je veux me souvenir, parce que maintenant je comprends qu'il faut que je me souvienne. J'ai ramené des souvenirs de Bohemian Grove : j'avais 11 ans, j'étais nue, j'étais attachée, bras et jambes écartées, et ces types-là étaient ivres et riaient. Ils trouvaient très drôle que je sois terrifiée

Ces trucs sataniques sont donc bien réels. Ces jeunes enfants, ils leur font subir des traumatismes, les sévices sexuels sont cruciaux dans l'affaire ; j'ai été utilisée à la fois par des hommes et des femmes, je me souviens de ça. Je me souviens avoir été emmenée par mon père dans des sacs à pommes de terre, dans des caisses, dans des valises, mise dans une malle avant d'être livrée à ces gens pour qu'ils fassent ce qu'ils ont fait.

Je me souviens bien avoir subi des électrochocs, et avoir essayé de plaider ma cause auprès de ces gens, du moins télépathiquement : "Je vous en prie, ne me faites pas ça !", mais la personne qui était au tableau de commande était totalement insensible. Pour moi, ce n'est pas un être humain.

Je me souviens du rituel, j'avais 5 ans, j'étais nue, et attachée à un autel de pierre. Il y avait là trois silhouettes à capuchon penchées sur moi, et je me suis rendu compte qu'ils disaient : "Nous n'arrivons pas à la casser. Nous n'arrivons pas à la casser."

J'étais prête pour la récupération de l'âme. Et ce qui est arrivé, c'est que non seulement j'ai retrouvé le morceau d'âme que j'ai perdu au cours de ce rituel, mais [ceux] de toutes les vies précédentes où j'avais été torturée. J'aimerais que vous voyiez ce que je vois : c'est un grand spectacle, avec toutes ces grandes étoiles, qui reviennent dans votre corps, venant de partout.

Si bien que cela a été une belle expérience, pleine d'émotion, et je pleurais d'avoir, reçu cette grâce. C'était magnifique...

(Écran)

Dans cette interview,
Kathy Collins parle
à Bill Ryan
de l'itinéraire de sa vie.


Kathy Collins (KC) : Mon intention, dans cette vidéo, est d'aider d'autres gens, et de leur donner espoir. Quelle que soit l'origine de leur traumatisme. Il faut maintenant que je passe en revue mes "qualifications".

J'ai un doctorat de la dure école de la vie. J'ai donc une histoire de traumatismes extrêmes. Cela est dû à Mk-Ultra, au programme du Projet Monarch (comme le papillon monarque - NdT) qui, selon certains, est toujours en activité aujourd'hui, et mon autre intention est de faire prendre conscience de ce problème, pour que ces gens obtiennent de l'aide.

Donc, ce que ce programme impliquait, c'était... Tout d'abord, je suis née à Sanata Rosa (Californie), qui en était un centre important. Une grande partie de mes expériences se sont déroulées au Presidio et à Bohemian Grove.

BR : Qu'est-ce que le Presidio ?

KC : Le Presidio, c'est à San Francisco...

Comment est-ce que je suis entrée dans ce programme ? Par les relations de mon père dans la Marine et on pourrait le considéré comme ce que certains appellent un handler. Il était donc responsable de mon arrivée dans le programme.

J'ai aussi un frère qui faisait partie du programme. Il est plus jeune que moi.

Donc voici mes "qualifications". Oui, j'ai été abusée sexuellement par mon père dès mon plus jeune âge. J'ai probablement subi des traumatismes au stade fœtal, parce que c'est tout à fait classique. Je suis probablement née avec le SSPT-- le symptôme de stress post-traumatique -- donc je n'ai jamais su ce que c'était que d'être "normale".

Cela a rendu la convalescence plus difficile, à cause de l'absence de souvenirs auxquels se référer.

On m'a donc prostituée. J'ai été utilisée à la fois par des hommes et des femmes, on a fait des expériences sur moi, je me souviens d'électrochocs, d'avoir subi de la lumière stroboscopique, etc. Il y a eu beaucoup d'expérimentations.

BR : Des drogues expérimentales, je crois...

KC : Des drogues expérimentales aussi. On m'a utilisée dans des rituels sataniques, dès mon plus jeune âge, je me souviens être passée par un rituel d'initiation où on m'a forcée, à 3 ans, à boire du sang, je me souviens qu'à l'âge de 5 ans, j'étais attachée à une dalle et on avait l'intention de prendre mon âme, et puis un incident, à Bohemian Grove, où on m'a forcée à voir le sacrifice d'un enfant.

Donc les souvenirs continuent à me revenir, et je vais traiter ça dans le cadre de ma convalescence, parce que... il est difficile de dire où ça se terminera, et c'est là une chose que les gens en train de se guérir d'un traumatisme doivent comprendre.

Nous avons tant tendance à vouloir atteindre des buts, et j'ai découvert qu'il y avait un processus... Je ne sais combien de temps durera le processus, cela peut me prendre toute la vie, mais il s'agit d'apprendre à maîtriser, à faire face à ces choses quand elles reviennent.

Parce que ces souvenirs étaient si horribles, je les ai supprimés, et j'ai souffert d'amnésie concernant mon enfance pendant bien des années, puis les souvenirs ont commencé à me revenir. Et, parce qu'ils avaient été refoulés si longtemps, la réaction a été très forte. Je décrirai ce processus plus tard.

BR : Les expériences que vous avez vécue enfant... vous dites qu'elles ont commencée à votre naissance, ou même plus tôt. Mais alors, elles ont duré jusqu'à quel âge ?

KC : Oh, elles ont duré jusqu'à l'âge de 11-12 ans. Lorsque mon père est décédé, j'avais 13 ans, de cancer. Il a été très malade la dernière, ou les deux dernières années. Donc, je pense que c'est ce qui m'a fait sortir du programme.

BR : Sinon, vous n'auriez peut-être jamais pu vous en échapper du tout, je suppose...

KC : Oui, qui sait ? Sinon, je serais restée dans le programme jusqu'à... je ne sais quand.

BR : Qu'est-ce qui vous a motivée à vous exprimer publiquement, après toutes ces années ?

KC : J'ai décidé, il y a des années, quand j'ai subi d'horribles expériences d'ATM -- pour ceux qui ne connaissent pas, ça signifie articulation temporo-mandibulaire -- des troubles qui provoquent une forte douleur dans la tête et il devient difficile de penser. A l'époque je cherchais des choses pour m'aider, des récits de gens qui avaient vaincu ça, mais sans succès. Donc j'en avais déjà l'intention à l'époque, il y a très longtemps, avant de retrouver des souvenirs. 

Je voulais aider les gens qui avaient subi des douleurs traumatisantes, des douleurs chroniques, et maintenant j'ai une raison encore plus valable de le faire : je veux montrer que c'est possible. Qu'il est possible de récupérer au point de vivre une vie satisfaisante, et d'atteindre en fait un point de transformation.

J'ai l'impression d'avoir vécu le plus sombre du sombre, de manière à le transformer en lumière. Et cette lumière pourrait être un phare pour d'autre gens, pour qu'ils transforment en lumière toutes les choses sombres qu'ils ont vécues.

J'ai l'impression que nous sommes tous dans la même barque, et que nous sommes ici pour nous entraider. Je voulais donc apporter de l'espoir et de l'inspiration aux gens, quels que soient leurs traumatismes, où qu'ils soient dans leur processus de guérison.

Mais aussi d'apporter de l'espoir, aux autres survivants des programmes de mind control (de manipulation de l'esprit), où on leur fait subir beaucoup de tortures et d'abus sexuels. pour qu'ils se rendent compte qu'il leur est possible de revendiquer leur caractère humain.

Il y a un choix à faire. Nous pouvons choisir de conserver notre passé comme source de douleur, ou bien utiliser notre passé comme source de puissance dans le présent. Nous pouvons donc en tirer notre pouvoir.

Mais j'ai ignoré pendant des années qu'il s'agissait d'un choix. Si nous ignorons qu'il s'agit d'un choix, nous ne pouvons pas choisir. 

Mais si savons qu'un choix est possible, alors "Oh oui, je peux choisir la transformation ! Je n'ai pas besoin de continuer à souffrir !"

Maintenant, prendre la décision de laisser derrière soi la douleur, et se projeter dans le présent, puis dans l'avenir, ne la fait pas disparaître. Mon itinéraire m'a pris des années et des années, beaucoup de dur labeur.

Mais ce que j'aimerais dire, c'est que ce dur travail en vaut la peine ! Cela en vaut la peine !

BR : Imaginez par exemple que vous avez quelqu'un qui a vécu tous les traumatismes possibles, et qui se sent une victime, qui a l'impression qu'il n'existe aucun espoir, que personne ne comprend, et qui ne comprend pas pourquoi cela lui est arrivé.

Par quelles étapes cette personne doit-elle passer, afin de s'engager dans la voie que vous suivez depuis longtemps maintenant ?

KC : Bon, tout d'abord, il vous faut croire la guérison possible. Si vous ne la croyez pas possible, vous n'allez pas faire le nécessaire. Il vous faut aussi de la détermination, cette détermination consiste à renouveler cet engagement encore et encore, parce qu'il ne s'agit pas d'un processus linéaire.

J'ai été déçue tant de fois, parce que je m'attendais à ce que le processus de guérison soit linéaire. Et nous nous fixons souvent des buts, nous avons tendance à le faire. Je me rappelle m'être souvent surprise à me dire : "Si seulement je pouvais y arriver, y être déjà !"

Il ne s'agit pas d'aller là. J'ai découvert à la longue, qu'il s'agissait avant tout de maîtriser l'instant. Donc quand ces souvenirs refoulés réapparaissent soudain, et qu'il vous faut vous en occuper, et ils sont parfois tout à fait horribles, apprendre à maîtriser votre réaction.

Mon processus personnel a été de... Je ne dirais pas que le processus de guérison est très cyclique, et la plupart du temps où j'ai été dans ce cycle de douleur et refus, douleur et refus. Et il faut que je dise au gens : "Faites de votre douleur une amie !" Parce que la douleur n'est qu'une messagère. Donc il nous suffit de faire attention à ce que la douleur veut nous dire.

Mais j'ai été pendant des années dans la douleur et le déni. Parce que je ne savais pas... j'ignorais totalement que j'avais ce passé-là.

L'étape suivante a été d'entrer dans la douleur, de découvrir et de subir le choc. Et il s'agit là d'un autre cycle parce que les souvenirs commençaient à remonter. J'appelle ça "la découverte". Mais parce que j'ignorais leur existence, et que la nature de ces souvenirs était si horrible que je croyais impossible que ces trucs puissent arriver, je suis passée par ce cycle douleur-découverte-choc.

Je définirais cette période comme une période où j'étais en mode "victime". Je ne me rendais pas compte que je pensais en victime, que j'agissais en victime, que j'étais une victime. Et c'est ce qui arrive à beaucoup de gens qui ont vécu pendant longtemps des traumatismes : ils commencent à se sentir des victimes, et ils recréent le traumatisme, en l'absence de traumatisme dans leur expérience, ils recréent le traumatisme dans leur vie, ce qui paraît très surprenant tant qu'on n'a pas compris qu'ils espèrent en fait que certains survivront, à cause de la sérotonine.

Ceux qui ont vécu une longue période traumatisante apprennent à tirer leur sérotonine des traumatismes et des drames. Et nous avons besoin de sérotonine pour vivre. Donc si vous pouvez agiter une baguette magique et retirer traumatismes et drames de leur vie, ils mourront ! Ils mourront !
Parce qu'ils ont besoin de cette sérotonine. Me rendre compte de ça m'a fait l'effet d'un bon coup de pied : "Bon sang ! Je suis en train de recréer ça ! Après m'être sorti du traumatisme principal vécu lorsque j'étais enfant, je continue à vivre ça à l'âge adulte, encore et encore. À un niveau plus compréhensible : des tas de choses bizarres se produisent, etc.

Et quand j'ai compris que je ressentais ce besoin de survivre -- mon seul moyen d'avoir cette sérotonine -- il me fallait apprendre à fabriquer de la sérotonine à partir d'autres choses. Et c'est comme ça que j'ai décidé de créer de la sérotonine en regardant des papillons, des couchers de soleil... Et donc, je n'ai pas intentionnellement regardé le papillon en me disant : "Oh, je me sens toute enthousiasmée par ça !" Il a fallu du temps.

Et petit à petit j'ai pu me faire passer du stade de victime, de tirer ma sérotonine des drames et des traumatismes, et tandis que s'effectuait ma transition, j'ai découvert que les types de films qui m'attiraient changeaient : je ne voulais plus regarder de films aussi dramatiques, et c'était pour moi l'indice que je changeais intérieurement.

C'est ce qui m'a permis de quitter le stade de victime, et je pense que beaucoup de gens qui ont vécu des drames sont encore codés victimes. Vous n'avez pas besoin d'avoir vécu des drames pour vous sentir victime. Vous pouvez vous sentir victime de l'économie, etc. Il s'agit ici de traumatisme à un niveau inférieur.

Et ce changement se produit au moment où vous comprenez que vous pouvez assumer la responsabilité de votre guérison. Et que vous allez assumer vos réactions. Il a fallu par exemple que j'assume mes responsabilités quand je me suis rendu compte que je traversais un important processus de guérison qui a commencé en 2000.

Je me suis rendu compte que mes enfants faisaient l'expérience d'une mère absente, parce que j'étais très malade. Et c'était dû au refoulement des souvenirs. J'étais ce qu'on pourrait appeler un parent tourné sur lui-même, mais je ne les négligeais pas par un choix conscient, je ne pouvais pas leur consacrer le temps dont ils avaient besoin.

Je suis donc allée vers eux pour m'en excuser : "Je n'étais pas là pour vous, je suis désolée. Et je sais que vous en aviez besoin." Cela, c'est revendiquer sa responsabilité. Ce n'est pas comme : "Tout cela m'est arrivé, et voilà ce que j'ai fait." J'ai revendiqué ma responsabilité pour ce qui a manqué à mes enfants. Je me suis rapprochée de chacun d'eux et je leur ai présenté mes excuses, et je leur ai dit : "Maintenant il va falloir que vous le compensiez par vous-mêmes, parce que vous n'avez pas obtenu de moi ce dont vous aviez besoin."

C'était donc une des façons de revendiquer ses responsabilités, qui me sont venues, mais aussi de prendre en main mon processus de guérison. J'allais le mener à bien, et non le déposer sur le pas de la porte de quelqu'un en lui disant : "Guérissez-moi !" parce qu'il vous faut avoir beaucoup de volonté, pour le réaliser par vous-même. Il s'agit avant tout de le faire par vous-même, d'auto-responsabilisation. Et si vous le prenez en main, l'itinéraire peut être fantastique !

BR : Donc, une partie de la pathologie d'être une victime et de recréer ou de manifester continuellement sa vie est une sorte d'addiction intérieure qui, bizarrement, se révèle stimulante et vivifiante. Elle est en quelque sorte familière. On cherche à recréer le familier, parce qu'on ne sait pas vraiment fonctionner dans un autre contexte. N'est-ce pas ?

KC : Oui, et je suis contente que vous évoquiez l'aspect familier, parce qu'il se produit une autre chose curieuse. Quand vous êtes prêt à lâcher prise à la douleur, et que vous êtes finalement guéri d'un certain incident, ou d'un aspect de cet incident, et que vous lâchez prise à cette douleur, vous pouvez donner libre cours au chagrin, parce que cette douleur a été votre partenaire pendant si longtemps, même si vous ne l'aimiez pas, quand elle part, vous ressentez du chagrin.

BR : Elle manque à votre vie.

KC : Elle manque. Et c'était là un autre élément très étonnant et intrigant. Mais une fois que vous comprenez que si cela a longtemps fait partie de votre environnement, que cela a été familier, vous pouvez en ressentir du chagrin. Et je pense que c'est là un des choix difficiles qu'on doit faire concernant la transformation, parce qu'il est tellement plus facile de choisir de rester avec une douleur familière, que de choisir de vivre une transformation ! Et nous n'en sommes même pas encore à ce stade ! J'ai juste décrit comment sortir de la partie victime... et de changer.

La transformation apparaît un peu plus tard, et elle est cyclique. Et les choses peuvent donc revenir en arrière. Donc, puisque j'ai évoqué le changement, il s'agit d'un changement de conscience : "OK, je suis un être puissant et créateur et, même si cette douleur revient constamment, je reste puissant(e)."

Puis, je vais entrer dans un nouveau cycle, où je vais avoir la douleur, la découverte, et maintenant : "Oh, je vois, je vois ce qui est arrivé, oh, je vois ce qui se passe ici", à la place de douleur-découverte-choc : "Oh, mon Dieu ! Oh mon Dieu !", parce que c'est ce qui se passe au début.

Ce que je veux dire quand je parle de maîtriser le moment, c'est lorsqu'un souvenir remonte, ou qu'un déclencheur remonte, quand vous avez développé une certaine maîtrise, vous faites : "OK, je découvre ça, je ressens la douleur", mais aussi : "Oh, je comprends, je vois ce que c'est."

Et maintenant, quand vous entrez dans ce mode, vous pouvez commencer à entrer dans le pardon. Vous pouvez regarder en arrière et considérer ces incidents comme un film sans aucun rapport avec vous. Vous ne faites que regarder ce film sur un écran, et vous avez vu tous les acteurs, et vous pouvez dire : "Oh, tout va bien, tout va bien." Et là, vous pouvez envoyer du pardon à tous les participants de cette scène.

Un jour, il m'est venu cette définition du pardon : "L'amour qui regarde un incident sans émettre d'accusations." je peux donc revenir à tous les personnages, à tous les acteurs, qui m'ont fait toutes ces choses variées, et avoir envie de pardonner.

Que j'aie fait ça ne signifie pas que mon travail est terminé, car il m'arrive parfois d'être prise au piège : un souvenir va remonter, mais alors je le traite, et je refais le cycle du "Oh, je vois !", et alors je peux continuer avec le pardon. Et quand nous commençons à nous déplacer dans cette zone de pardon, c'est là que nous commençons à vraiment ressentir la transformation, et nous commençons à voir : "Oh, ce qui s'est réellement produit dans ma vie était un cadeau, parce que maintenant je comprends réellement mon véritable pouvoir."

Si nous avons par exemple une histoire concernant un héros, et que nous voulons montrer son courage, "j'ai quelque chose de courageux à faire". Si rien n'arrive, il n'y a pas de courage, il n'y a pas de vertu.

Donc, si une personne peut atteindre ce stade du pardon et de la transformation, il se produit que toutes ces informations lui apportent de la puissance. Cela peut paraître stupide à une personne qui est loin de tout ça, et pour moi c'était quelque chose d'éloigné quand j'étais plongée dans mon cycle de victime, particulièrement le cycle de victime, mais ce changement se produit quand vous vous dites : "OK, je comprends réellement que je contrôle mon processus de convalescence."

Et le fait de s'être dit "Je contrôle mon processus de convalescence", vous ne le faites pas seul(e). Il faut un village. Vous obtenez du soutien. Vous grappillez du soutien par tous les moyens. 

Il est essentiel, il est essentiel pour guérir de suivre un cheminement spirituel. Je ne pense pas personnellement que ce soit possible sans prendre en compte votre propre aspect spirituel, parce que je crois que nous sommes des êtres spirituels en train de vivre une expérience humaine, et non l'inverse.

Et c'est une composante essentielle de la guérison.

BR : Donc, la raison pour laquelle c'est important, c'est que, si vous êtes un être spirituel vivant une expérience humaine, quand l'humain vit des expériences intéressantes, ou problématiques, ou représentant un défi, c'est en fait un cadeau, car elles offrent à l'esprit l'occasion de progresser encore plus.

KC : Oui, absolument. Absolument. Et elle peut être ce qu'elle est. C'est une expérience fabuleuse pour entamer une transformation. Et il me faut faire une remarque ici : le simple fait de dire qu'on a vécu une transformation ne signifie pas qu'on a atteint un summum, où on ne retourne plus dans ces autres cycles, parce que le cheminement n'est pas linéaire.

Donc, je peux dire que j'ai vécu la transformation, mais il me faut parfois retomber dans ces autres petits cycles, et c'est très bien comme ça, parce que cela me permet d'apprendre davantage chaque fois que je reviens dans un de ces cycles. Mais ces cycles... comment dire... ne m'ont plus fait le même effet qu'au début.

Je me sentais de nouveau une victime, lorsque j'étais [encore] en mode "victime". Mais maintenant, si quelque chose se produit, je fais "Oh, waouh, ça, c'est une découverte cool ! Et ça me permet sans doute d'aider quelqu'un !"

BR : Avec ça, vous pouvez maintenant parler de -- par exemple, voici un exemple --  se rappeler quelque chose, encore plus de votre enfance que ce dont vous étiez consciente, puis vous vous éveillez : "Oh, mon Dieu, ça AUSSI, c'est arrivé ! Oh, mon Dieu, maintenant il va falloir de je m'occupe de ça AUSSI !" Mais toute votre expérience antérieure du traitement d'expériences dont vous ne saviez même pas à l'époque que vous les aviez vécues, vous aide à le faire une fois de plus, et même de façon encore plus efficace que vous ne l'aviez fait la première fois.

KC : Oui. Il ne s'agit plus d'une réaction du style : "Oh, mon Dieu !", mais plutôt "Oh, bonté divine ! Il y a autre chose ici :  allons voir !"  Je peux encore entrer... quand je revis l'expérience, je peux toujours ressentir  la peur, mais ce n'est pas dans ma tête, je la ressens comme une réaction du corps, le souvenir -- c'est encore quelque chose à savoir -- c'est que les souvenirs sont enregistrés dans le corps et donc, même si au niveau cognitif je n'ai pas peur, mon corps va ressentir de la peur, et il me faut donc me demander : "Pourquoi mon corps ressent-il de la peur en ce moment ? Allons enquêter là-dessus."

Et vous devenez donc une sorte de Sherlock Holmes, et ça peut devenir une sorte de jeu.

BR : Vous dites donc que votre corps réagit comme une sorte de messager pour vous, parce qu'il va parfois réagir avant vous, pour ainsi dire, et vous allez vous réveiller le matin, en vous sentant peut-être effrayée à propos de quelque chose, et cela vous offre alors l'occasion de vous demander : "D'accord, que se passe-t-il ici ? Pourquoi tout ça ?" Qu'est-ce que votre corps essaie de vous dire ? Et alors, vous pouvez regarder les choses sans émotion, c'est le moment où Sherlock Holmes intervient.

KC : Oui, et ça va parfois prendre la forme d'une réaction de peur dans le corps, mais ça peut aussi se présenter comme une douleur, une douleur précise, comme un coup de poignard ou autre.

Et ceci vient des recherches de Peter Levine auprès de drogués, une des premières modalités alternatives que j'ai recherchées, en essayant de trouver si ces signaux corporels -- c'est l'époque où j'ai eu des souvenirs refoulés -- j'ignorais ce qui se promenait dans ma tête, mais je ressentais, pour sûr, ces sensations corporelles inexplicables et illogiques, en temps réel.

BR : Mais elles étaient indéniablement réelles, il vous fallait donc leur prêter attention.

KC : Oui. J'ai donc commencé par étudier les méthodes de Peter Levine au début, mais ensuite lorsque  ça a fait ressurgir des souvenirs qui ont semé la pagaille dans ma tête, si vous voulez, et il m'a fallu trouver quelqu'un à qui en parler, et donc ça a été le début de mon processus de découverte de l'origine de tous ces trucs dingues qui se produisent. Pourquoi est-ce que je souffre de fibromyalgie ? De l'ATM (trouble de l'articulation temporo-mandibulaire - NdT). Ça fait un moment, donc je ne me souviens plus de tous les maux. J'ai juste récupéré toute une série de maladies liées à la fatigue chronique, ou aux douleurs chroniques. Et elles étaient toutes causées par des souvenirs refoulés. 

BR : D'accord. Pour revenir à ce que vous disiez plus tôt, sur le fait d'être une sorte de mère absente pour vos enfants, si vous voulez, et vous avez dit que vous étiez malade. Ce n'était pas comme si vous étiez par exemple au lit tout le temps, etc., mais c'était avant tout de la fatigue chronique et des douleurs, qui vous empêchaient de faire ce que vous vouliez ? C'était comme ça ?

KC : Eh bien... J'étais souvent au lit, en fait. Et, particulièrement à l'époque de l'ATM, je vivais, je ressentais une douleur extrême, et c'était donc très difficile, quand quelqu'un ressent une très forte douleur dans la tête, il est très difficile même de suivre une conversation, ou même seulement de penser. 

Il y avait donc des moments où je n'étais pas fonctionnelle, où je ne pouvais même pas faire la cuisine ou aller en courses, de faire même les choses normales de la vie quotidienne. Il y avait des périodes où j'étais comme ça. Et je me souviens d'une période de deux ans, où je ne pouvais parler à pratiquement personne. Je ne pouvais même pas répondre au téléphone.

Donc nous parlons là de quelque chose de très, très... J'étais si malade, si vous voulez, que mes enfants pensaient que j'étais en train de mourir d'un cancer, et que je le leur cachais.

BR : Mmh, waouh...

KC : Oui... Oui. Et je me forçais juste à agir, à faire ce qu'il fallait faire. Je continuais malgré tout à agir -- et c'est là un autre message pour les gens qui sont en train de récupérer d'un traumatisme -- une des choses qui se produisent, c'est que vous commencez par avoir de vous l'image d'une personne lésée, et vous commencez par avoir l'impression de ne rien valoir à un certain niveau. Et je me souviens d'avoir souvent ressenti ça, et rétrospectivement, même si je ne pouvais pas fonctionner à des niveaux normaux, comme par exemple mon fils voulait que je sois capable de jouer à la balle avec lui, et j'en étais incapable.

Des choses vraiment simples.

Il y a toutes sortes d'émotions liées à ça. Mais rétrospectivement, je me suis rendu compte que, même si j'en étais à ce niveau de fonctionnalité, j'ai tout de même réussi à réaliser des choses.

Et c'est pourquoi j'invite les gens, à quelque stade qu'ils soient de leur guérison, de se respecter eux-mêmes et de se dire : "Oh oui, même si j'en suis actuellement à ce stade précis, je reste néanmoins capable de faire ceci, ceci, ceci, et ceci. Je suis au moins encore capable de dire "Je t'aime" à mon enfant" -- ou à qui que ce soit d'autre.

Il m'a donc fallu en passer par là lorsque j'en étais aux stades ultérieurs de la guérison -- de m'accepter. Un long cheminement.

BR : Il est important aussi de dire -- parce certaines des personnes qui regardent ceci se demandent peut-être : "Oh mon Dieu, qu'est-il arrivé à ses enfants ?" Mais vos enfants sont en bonne forme, n'est-ce pas ?

KC : Oui. Oui. Je les appelle mon "A" Team (allusion à une série télévisée US - NdT).     

BR : (Rire) Ils vous ont aidé et vous les avez aidés, mais vous formez une tribu tout à fait soudée, à ce que je vois, tous les quatre. Et ils n'ont pas souffert, en se sentant des victimes, parce que vous êtes très, très proche d'eux, pas vrai ?

KC : Oui. Et j'attribue ça à ma façon d'être un parent. Je ne me suis jamais vue comme leur mère. Je me considérais comme leur partenaire, depuis leur plus jeune âge. Je les ai considérés comme mes professeurs, depuis le tout début. Je ne me suis jamais considérée comme supérieure. Ils sont donc devenus mes amis, en ce sens.

Quoi que je leur aie appris, ils me le ressortent maintenant -- ce qui veut dire qu'ils écoutaient. (Rire)

BR : Oui. C'est tout à fait charmant. Ils sont adultes maintenant, plus des enfants, n'est-ce pas ?

KC : Ils sont adultes. Des adultes, oui. (Rires)

BR : C'est parce que je suis Anglais. (NdT -- allusion à sa prononciation toute britannique du mot "adult")

KC : (Plaisanterie sur la prononciation différente du mot "tomato" en Grande-Bretagne et aux États-Unis - NdT)

BR : OK. Très bien. Donc, je ne sais pas si c'est le bon moment dans cette conversation pour s'adresser, disons, à quelqu'un qui pourrait écouter ça et penser : "Oh mon Dieu, je fais moi aussi ce chemin-là. Peut-être que je n'ai pas fait tous les progrès que Kathy semble avoir faits, quelque part à mi-parcours. J'ai encore l'impression que personne ne comprend, j'ai encore l'impression de lutter pour assumer ce qui a pu m'arriver" -- quoi que cela ait été : qu'il s'agisse d'un ancien combattant du Vietnam, d'une victime de rituels sataniques d'abus sexuels.

Si vous parliez à ceux ici qui sont en train de regarder ceci, quels conseils leur donneriez-vous ? Quels seraient les éléments principaux que vous mettriez en avant, en plus de tout ce que vous avez déjà dit ?

KC :
Les conseils que je donnerais à ces personnes-là ? Je me souviens de ce que c'était d'être dans ce cycle douleur-découverte-choc, et quand vous êtes dans un état de douleur chronique -- qu'il s'agisse de douleur émotionnelle, ou de douleur physique --, cette douleur peut créer une impression d'isolement, mais aussi le sentiment d'être une victime, à cause de cette impression d'isolement, de cette sensation d'être tout(e) seul(e), et je soupçonne que c'est le stade où en sont ces personnes-là, et la première chose que je leur dirais, c'est : "Vous n'êtes PAS seul(e)".

J'ai répété et répété que je n'ai pas l'impression que mon histoire soit personnelle. Elle ne serait personnelle que si j'étais la seule personne à avoir vécu ça. il ne s'agit pas de l'histoire d'une personne en particulier ; il y a des milliers, sinon des millions de gens qui ont subi ces choses-là, et donc ce n'est pas personnel. Nous sommes tous dans la même barque.

Ce que j'invite donc ces gens à faire, c'est de former un groupe de soutien, et par le biais de cette interview, je veux élargir ce groupe de soutien, spécialement aux gens qui se remettent de manipulations mentales, par exemple, et d'abus rituels sataniques, parce que ces choses-là ne sont pas reconnues de la plupart des professionnels. 

Donc, cela peut aussi contribuer à créer un nouveau niveau d'isolement, si on leur dit : "Oh vous êtes fou/folle ! Ça n'a pas pu vous arriver !" Et ça, moi, je l'ai subi. Vous commencez alors à croire que vous êtes fou/folle.

Mon message à ces personnes est donc que, oui, heureusement, il existe des gens qui ont parlé de tout ça, en tant que survivants. Mais je ne crois pas qu'ils en aient parlé de la même manière que moi -- je me concentre sur le processus de guérison. Les autres gens dont j'ai eu l'occasion de lire l'histoire se concentrent sur les expériences elles-mêmes.

J'espère donc seulement que ceci va permettre aux gens d'élargir leur prise de conscience en général, parce que lorsque nous connaissons quelque chose, que nous projetons la lumière de la vérité sur des choses qui arrivent à des gens, cela nous permet de nous occuper d'eux et de les transformer, et de créer un monde nouveau, le monde dans lequel nous voulons réellement vivre. 

Que dirais-je d'autre à quelqu'un qui en est là ? Est-ce que j'ai parlé de créer un système de soutien ? Oui... Et de savoir qu'il est possible à une personne qui en est à ce stade, de me regarder et d'essayer d'imaginer comment c'est de -- mon stade est très, très difficile. C'est très difficile, mais au moins s'ils peuvent voir que je suis ici, et que je l'ai fait, et que je suis ici pour leur faire reprendre pied... et s'ils peuvent garder leur détermination, et j'aime cette citation de "Galaxy Quest" : "Ne jamais abandonner, ne jamais se rendre."

Ça m'amène à autre chose, à un autre composant essentiel à la guérison : le sens de l'humour. Il faut absolument y mettre de l'humour ! Parce que ce que nous essayons de faire, c'est de partir de quelque chose de sombre et de pesant, et de le rendre léger et lumineux. Et donc, le sens de l'humour est absolument essentiel. 

BR : Vous voulez dire "léger", pas au sens de "superficiel", mais littéralement comme "apporter de la lumière dans l'obscurité". (NdT - En anglais, "light" signifie à la fois "léger" et "lumière")

KC : Exactement ! Exactement. Pas "superficiel". Beaucoup de gens ont entendu parler du cas de Norman Cousins, qui s'est guéri lui-même du cancer en regardant des comédies, des choses qui le faisaient rire.

BR : Les "Marx Brothers".


KC :
Ce n'est pas ce que je choisirais, mais oui, on a besoin du sens de l'humour. Quand on est dans ce domaine, si vous voulez, de la convalescence, on a peut-être tendance à regarder des choses plus déprimantes, parce qu'elles sont en phase avec là où vous en êtes.

BR : Là encore, parce que c'est familier.

KC : C'est familier. Quand on est dépressif, on est attiré par des choses plus déprimantes. Et il vous faut donc satisfaire ce besoin en partie, mais si on se montre plus fort et qu'on choisit ce qu'on veut regarder et écouter, qui nous inspirent davantage et nous font rire, et faire des choses stupides, comme apprendre à raconter des blagues. Soyez créatifs. Soyez créatifs.

Il existe des milliards de moyens différents.

BR : Et en ce qui concerne le choix des gens avec lesquels vous voulez être. Il ne s'agit pas seulement de regarder des films, mais c'est être avec des gens qui vous remontent le moral et vous fait vous sentir amusante.

KC : OK. Ça marche un peu dans les deux sens. Parce que, si vous êtes déprimé, vous n'avez pas envie de sortir. Donc, vous allez vous isoler. Ou bien, vous allez attirer d'autres gens déprimés dans ce que vous vivez. Donc, si vous pouvez faire attention au type de personnes dont vous vous entourez, et évaluez ça : "Oh oui, oh là là, tous mes amis sont déprimés, ils sont dans le drame et le trauma", c'est pour moi un indice, c'est une autre façon de...

BR : C'est comme une réaction de la part de l'univers, n'est-ce pas ? Si vous regardez autour de vous, les gens qui semblent vous entourer, et ça semble révélateur, c'est une sorte de miroir jusqu'à un certain point, diriez-vous ?

KC : Exactement, oui. Vous pouvez donc regarder dans ce miroir et dire : "J'aime ça ?" Et alors vous commencez à faire attention à choisir des gens qui sont stimulants, qui pensent de façon positive, qui sont créatifs.

BR : Bien. Et parce qu'il est important pour eux d'être... de vouloir être avec vous, cela vous offre le défi du choix : comment être valable, intéressant et utile à d'autres, plutôt de d'être obsédé par vous-même.

KC : Oui, si bien que c'est un stimulus pour vous faire sortir de votre dépression, car la dépression compte pour beaucoup là-dedans.

Parce qu'on a l'impression qu'on rencontre obstacle après obstacle, à moins que n'intervienne la détermination. Il vous faut vous remotiver, encore et encore. Il ne s'agit pas seulement de l'engagement initial : "Oui, je veux me transformer." Non, vous devez vous remotiver constamment, presque à chaque moment parfois, au début. 

BR : C'est comme ce moment dans l'engagement où vous devez vous situer : cela devient en fait un défi pour vous, donc, et très régulièrement : cela fait partie du cycle.

KC : Exact. Et par moment vous allez vous sentir submergé. Et là vous avez envie de lever les bras au ciel et de dire : "Ah, je n'arriverai jamais à rien !" Ces pensées ont tendance à s'infiltrer.

Et pendant ces cycles, je reconnais le fait que oui, ça représente parfois un gros travail, peut-être trop gros, mais j'appelle ça seulement de la fatigue du combattant. "OK. Ce n'est que la fatigue du combattant. Je me relèverai ! Mais pour le moment, je vais simplement baisser les bras pour me reposer."

Et reposez-vous ! Puis, l'impression finit par disparaître, en général en l'espace d'une journée. Et maintenant, si ça m'arrive, ça ne dure que quelques minutes. Donc, j'appelle ça juste de la fatigue du combattant. Vous pouvez appeler ça comme vous voulez, donnez-lui juste un nom qui lui attribue un caractère provisoire dans votre expérience, qui ne suggère pas l'abandon.

"OK. C'est juste provisoire ! Et après je pourrai continuer". Vous vous relevez et vous recommencez encore et encore. Et c'est là où on en arrive à la maîtrise du moment. Peut-être que vous n'arriverez pas... -- je ne sais pas si c'est comme l'analogie avec le sommet de la montagne, je ne sais pas si ça existe jamais -- mais vous grimpez de plus en plus haut dans la montagne, et vous avez une vue de plus en plus belle.

Et alors vous êtes tout content de la vue que vous avez. Soyez-en juste heureux. "Oh, je vois." Au lieu de rester en bas, dans la douleur, vous avez un peu gravi la montagne, et vous vous félicitez d'être arrivé aussi haut sur la montagne. Félicitez-vous à chaque étape du chemin.

Et l'amour de soi. L'amour de soi est également essentiel. Et c'est là une autre façon de se remotiver. Parce que vous ne pouvez pas aimer quelqu'un d'autre, vous ne pouvez rendre service à personne d'autre à moins d'avoir cet amour de vous. Vous ne pouvez pas donner aux autres ce que vous n'avez pas. 

Et ça fait partie du processus. Parce que la personne qui a subi un traumatisme finit souvent par se dévaloriser à ses yeux, et même par se haïr.

BR : Elle pense qu'elle le mérite, ou quelque chose du genre..

KC : Oui. Particulièrement un enfant maltraité par un parent. Ils considèrent les parents comme des dieux. Quand un parent fait quelque chose à un enfant, qui est mal, ou négatif, l'enfant pense que les parents ont fait quelque chose qu'il méritait, parce que les parents sont des dieux.

Et alors ce concept est enraciné dans le subconscient de cette personne à l'âge adulte, et donc elle accepte cette image d'elle-même : "Il y a quelque chose de mauvais en moi."

Il y a donc cette recherche de l'amour de soi, quel que soit votre passé. Je crois que là ce que recherche tout le monde : s'aimer soi-même. Et ça c'est un autre composant tout à fait essentiel.

BR : Il y a là encore un autre aspect, que certains appellent le karma, dont certaines personnes pourraient croire à tort : "Oh mon Dieu, des tas de mauvaises choses m'arrivent au cours de cette vie : j'ai dû faire des choses terribles autrefois pour que tout ça me tombe dessus..." Ce qui, je dirais, est un énorme piège à éléphant spirituel et pas forcément valable du tout.

Parce que, dans votre cas, je suis persuadé que vous êtes aussi certaine que possible que vous avez choisi ceci, de manière à vous embarquer dans ce voyage extraordinaire et d'aider les autres. C'est vrai ?

KC : Oui, c'est ma conviction. Oui, je suis convaincue d'être passée par le plus sombre du sombre, de manière à ce que je puisse transformer ça et aider d'autres gens, transformer leur vie.

Mmmh, je ne sais pas : c'est plutôt bizarre. (Elle rit.) J'aurais pu choisir autre chose ! (Elle rit.)

BR : Bon, les gens choisissent toutes sortes de choses pour des raisons qu'eux seuls connaissent.

KC : Bon, oui, quand j'ai commencé à expliquer ça, je me suis dit : "A quoi pensais-tu donc ! Ah !" Bon, mais maintenant que j'en suis arrivé là, OK, d'accord, j'en suis contente, je me sens plus forte. 

BR :  Peut -être que vous pensez : "Bon, eh bien, je n'aurai plus à recommencer celle-là !

KC : Je ne sais pas. il va falloir que j'en discute avec... (Elle rit.) avec qui s'en occupe.

BR : Ça, c'est un point important. Peut-être que c'est vous à qui cela échoit. Que c'est vous qui décidez (inaudible)...

KC : Oui... C'est là où je vais. C'était bien ce que je pensais ! (Elle rit.)

BR : C'est peut-être là le message : que cela dépend de nous, et non de qui que ce soit d'autre.

KC : Exactement ! Exactement...

BR : Maintenant, parlons de quelque chose qui calme un peu, mais d'important parce que lié à cette conversation, à mon avis.

Plus tôt nous parlions des défis présentés par cette sorte de situation, et qu'il fallait traiter efficacement. Et c'est là ce que certains appellent le déclencheur de suicide, qui fait partie de la programmation.

Et je pense que Cathy O'Brien, si je comprends bien, c'est ce qu'a mentionné Cathy O'Brien, compris par ceux qui ont effectué des recherches sur ce genre de phénomène, qu'il existe une sorte de programme d'autodestruction, instillé dans ce qu'on pourrait appeler -- à défaut d'un meilleur mot -- les "esclaves sexuels", ou autrement, qui vont de fait les faire s'autodétruire lorsqu'ils atteindront l'âge de 30 ans.

Et vous avez de fait vécu ça, et vous y avez aussi survécu. Pourriez-vous en parler, non pas du point de vue : "Oh mon Dieu, quelle terrible histoire !", mais une fois de plus, il y a peut-être parmi ceux qui nous regardent des gens qui se battent parfois avec ça. 

KC : Pour commencer, je trouve en fait fascinant qu'on puisse le faire. Waouh ! Il y a tant de choses que nous ne connaissons pas sur le cerveau et le corps humains que c'en est étonnant...

Ce qui [m'] arrivé, c'est que pendant 3 mois, j'ai été obsédée, absolument obsédée, par l'idée de me tuer. Mais la pensée la plus forte, la pensée la plus forte, a été : "Oh, j'ai des enfants. Qui va être leur mère ?" Et c'est ça qui m'a fait fonctionner. En réalité, j'essayais de trouver une mère de remplacement, pour que je puisse quitter la scène.

Mais j'étais si malade à l'époque... que ce n'était pas possible. Selon mes souvenirs, cela a duré trois mois, et c'était très cur...  et j'attribue ça au fait que je souffrais beaucoup, et à l'ATM, mais j'avais déjà beaucoup souffert avant, avant et après cette période, et quand j'ai lu des choses sur ce phénomène, je me suis dit : "Oh oui, c'est déjà arrivé !" Et j'en ai parlé à mon frère : j'ai un frère qui a aussi vécu ça.

J'ai grandi avec trois autres frères et sœurs, et mon frère raconte la même chose, et il a survécu à cette impulsion, pour les mêmes raisons -- parce qu'il avait des enfants.

BR : Au même âge ?

KC : Autour de l'âge de 30 ans.

BR : OK. Il me semble important d'insister là-dessus, parce que, une fois de plus, cela fait partie du message dont vous parliez plus tôt, que les gens qui ressentent ça -- je ne l'ai pas vécu moi-même, je suppose que si quelqu'un a envie d'en finir avec la vie, on ne pourrait se sentir plus seul qu'à ce moment-là. Mais on ne l'est pas. Cela fait partie d'un programme, peut-être que beaucoup de gens ont ça d'implanté en eux, c'est un système d'autodestruction, nous avons le choix à tout moment, et peut-être que d'autres ressentent exactement la même chose, parce qu'il s'agit exactement du même programme.

KC : Oui. Oui. nous ne parlons pas des victimes de traumatismes en général, mais spécifiquement de manipulation mentale, de mind control.

BR : Oui, c'est de cela, spécifiquement, mais cela n'a pas d'importance. Qu'il s'agisse d'un programme implanté ou non, pour tous ceux qui traversent ces moments, je suppose que votre message, c'est "Cela aussi va passer !" Il nous faut franchir l'obstacle chaque jour, puis chaque semaine, puis chaque mois, et puis finalement la tempête intérieure passe, et on parvient à trouver des choses qui valent la peine, ce qui est votre message, n'est-ce pas ? Parce que vous avez de beaux enfants, que vous avez une vie riche, que vous vous occupez beaucoup d'autres gens. Vous avez beaucoup plus de chance, là où vous en êtes maintenant, que beaucoup, beaucoup, beaucoup d'autres gens là-bas.

KC : Je suis très reconnaissante d'avoir pu vivre mes expériences. Si vous écoutez Eckert Tolle, à propos du "corps de douleur", et c'est ceux qui ont le plus grand corps de douleur qui sont les plus motivés pour s'en débarrasser, et ça serait mon cas.

Et je peux me retourner vers d'autres gens -- je pourrais me montrer un peu envieuse, et penser : "Oh mon Dieu, eux ne sont pas passé par ça, ni par ça, ni par ça", mais je vois aussi qu'ils ne seraient pas aussi motivés que moi pour s'améliorer parce que ce n'est pas suffisamment douloureux.

BR : D'accord. Donc, une fois encore vous dites que, bizarrement, cela fait partie du cadeau que vous avez reçu précédemment, parce que la motivation de se développer autant spirituellement, vient de ce que vous n'avez pas le choix.

KC : Absolument ! Et je peux dire à 100 % que mon expérience a été un cadeau. Et elle m'a permis d'avoir la force et la volonté d'aller diffuser tout ceci. De diffuser la réalisation et le pouvoir de savoir que nous sommes tous des êtres créatifs très puissants.

C'est là notre vraie réalité. Mais la plupart des gens pensent que nous ne sommes rien d'autre que des sacs d'os ambulants. Mais nous sommes bien plus, bien plus que ça !

Et ceci me fait également penser à revenir au composant spirituel : qu'il est absolument essentiel de choisir votre voie spirituelle où vous allez chercher un professeur ou trouvez un certain système de méditation, ou tout autre chose qui vous attire pour vous mettre sur votre chemin spirituel.

C'est si, si important, et j'aimerais dire aux gens que le simple fait d'être assis ici et de respirer et d'être vivant, signifie qu'on vous soutient. Parce que ces corps humains sont si terriblement fragiles, que personne ne pourrait vivre sans tout ce soutien.

Voilà donc autre chose sur lequel revenir, en revenir à rendre visite aux gens qui reviennent à ce cycle de découverte et de choc, de douleur, pour qu'ils sachent que s'ils sont vivants en ce moment même, c'est   parce qu'on les a soutenus et qu'on les soutient. Autre chose à savoir, c'est que : "Oh mon Dieu, j'ai tout ce soutien, mais si je faisais peut-être un peu plus attention à mon soutien plutôt que d'insister sur mes déficiences, je pourrais développer cette expérience", parce que  tout ce sur quoi vous vous concentrez, vous le développez.

Et ça devient un numéro d'équilibriste, parce qu'il faut que vous vous reconnaissiez ce qui a besoin d'être rectifié, mais alors vous entrez directement, et vous vous dites : "OK, trouver la solution, voilà ce que je dois faire." Vous concentrer sur la possibilité, vous concentrer sur tout ce que vous voulez développer concernant votre expérience, parce que ce sur quoi vous vous concentrez, vous le développez.

C'est là la partie difficile quand vous sortez lors des premiers stades, parce que vous vous concentrez tant sur la douleur, si vous ressentez une douleur chronique, qu'elle soit émotionnelle, physique, ou bien les deux, vous avez tendance à vous concentrer dessus.

Eh bien si vous vous focalisez dessus, elle va prendre plus de place dans votre expérience. Ça, c'est vraiment difficile, quand vous en êtes à ce stade.

Alors comment est-ce que je peux m'empêcher de me concentrer sur cette douleur ? Il vous suffit d'être attentif. "Oh oui. OK, la douleur est là, laisse-moi me concentrer sur ce que je veux vraiment dans ma vie. Qu'est-ce que je veux vraiment ?"

Et visualisez. Le pouvoir de la visualisation. Et de l'imagination.

Il est très intéressant que les Illuminati eux-mêmes accordent plus de valeur à l'imagination qu'à la réalité. 

BR : Oui, elle a une façon d'informer leur réalité et de créer leur réalité. C'est justement ce que vous dites. Et ils comprennent ces importants processus.

KC : Et nous autres pensons qu'ils sont réalistes. Et nous nous concentrons sur ce que nous avons, au lieu d'envisager le genre de rôle que voulons avoir, quelle sorte de vie nous voulons avoir, et que nous possédons ce pouvoir de création.

C'est le moment le plus fantastique pour vivre sur cette planète ! Parce qu'il existe TANT d'énergie derrière ce pouvoir de créativité humaine, en ce moment même, parce que nous sommes au temps de la possibilité. Nous nous échappons et nous changeons la manière dont le monde fonctionne.

Et cela commence avec chacun de nous, en tant qu'individu.

Nous avons tous été traumatisés, collectivement. Toutes ces guerres... Si nous parcourons l'Histoire, nous avons été continuellement traumatisés. Mais nous avons maintenant l'occasion de réécrire cela. Nous avons une occasion de nous transformer.

Ceci s'adresse donc au plus grand nombre. Ce n'est pas... quoi que vous fassiez au niveau individuel, cela peut être élargi à la majorité de la population.

BR : Vous dites ici quelque chose de vraiment important : vous dites que votre parcours individuel peut en fait être appliqué à l'ensemble de l'espèce humaine. On est en train de traumatiser l'espèce humaine, on est en train d'abuser d'elle. On traumatise la planète, on abuse d'elle. Nous avons dans notre cadeau collectif le pouvoir de transformer cela aussi, exactement de la façon dont vous l'avez décrit.

KC : Oui, ma vie est comme un microcosme du parcours de l'humanité. Partant d'un endroit très sombre, franchissant toutes ces réalisations, puis en comprenant que j'ai moi-même le pouvoir de changer, que je dois prendre des décisions et des responsabilités pour là où va me mener ce changement, et entrer dans le pardon, car collectivement, il nous faut pardonner toutes les atrocités du passé... les reconnaître, et ensuite les pardonner, de façon que nous puissions tous avancer et nous transformer. Et ça, c'est une tout autre discussion, mais c'est quelque chose de puissant.

------------

KC : Je ne veux pas la photo de mon père. Elle n'a rien à voir avec cette discussion. Mais la photo de moi avec mon petit chat pourrait être bien.

BR : Nous pourrons prendre toutes ces décisions plus tard.

KC : Oui.

BR : Permettez-moi de vous poser cette question...   Vous avez parlé de pardon. Pour certaines personnes, il s'agit d'un sacré concept à prendre à bras-le-corps. Et parfois il est facile d'en parler, parfois c'est un peu plus dur de le mettre en pratique.

Je sais que votre père est décédé lorsque vous étiez encore jeune fille. Si vous aviez la possibilité de lui dire quelque chose aujourd'hui, que lui diriez-vous ?

KC : En fait, j'utiliserais toute la prière de l'Ho'oponopono : "Je suis désolée. Je t'en prie, pardonne-moi. Merci. Je t'aime." Parce qu'il a lui aussi vécu des choses... Il n'aurait pas fait ce qu'il a fait si on ne lui avait pas fait quelque chose à lui. Il ne faisait que perpétuer un cycle. 

BR : Croyez-vous qu'il a vécu ça, en fait ?

KC : Je ne peux pas le prouver, mais je le soupçonne. Et ça nous mène aussi aux Illuminati eux-mêmes. Eux aussi traversent ça. Eux aussi vivent ce traumatisme. De façon à continuer le cycle. C'est comme s'ils étaient prisonniers d'un schéma.

Et comme ce serait merveilleux de leur pardonner et de leur dire : "Savez-vous, vous pouvez quitter votre cycle de traumatismes." Parce que lorsque quelqu'un en est l'auteur, quand vous avez cet auteur et cette victime, ce n'est bon ni pour l'un, ni pour l'autre. Cela ne profite à aucun des deux.

Donc nous sommes tous dans la même barque.

Nous sommes tous dans la même barque, et Shakespeare a dit : "La vie est... La vie n'est qu'une pièce de théâtre" ou bien "La vie est une scène de théâtre, nous sommes tous des acteurs". Il a aussi dit qu'il n'y avait rien qui soit mauvais ou bon, mais que c'était la pensée qui le rend tel.

Shakespeare était quelqu'un d'extraordinaire. Et nous sommes tous pareils. Donc, oui, s'il était debout ici, je pourrais le prendre dans mes bras et je lui dirais : "Je suis désolée, je suis désolée de ce que tu as vécu."

BR : Et je crois que vous avez exprimé la pensée que la raison qui vous permettait de dire cela, c'était parce que vous ressentiez en ce moment même, où qu'il soit, qu'il pourrait souffrir plus que vous. 

Non pas parce qu'il traversait une phase de damnation, mais parce qu'il n'a pas encore quitté le cycle, ce que vous avez en grande partie fait.

KC : (Approuvant d'un signe de tête) Mmmh, Mmmh. Oui.

BR : Donc, de cette façon, vous suggérez fortement que nous devons ressentir de la compassion pour ceux qui ont abusé de nous, parce qu'ils sont encore prisonniers de ce cycle, et qu'ils ne vont pas en sortir avant longtemps... alors que l'occasion pour les gens qui ont expérimenté des choses mauvaises dans les mains de leurs bourreaux, nous avons le choix d'être capables de les transformer.

KC : Oui. Et comme je l'ai dit : "Le pardon, c'est de l'amour." Considérer un incident sans accuser. Personne n'est à accuser. Nous sommes tous ici dans la matrice, si vous voulez, pour expérimenter des choses. Si nous voulons savoir en quoi consiste le pardon, il nous faut vivre quelque chose à pardonner. Si nous voulons en savoir plus sur le pardon, il nous faut expérimenter quelque chose qu'il nous faudra pardonner.

Si nous voulons en savoir plus sur la loyauté, et la trahison, il nous faut faire l'expérience de la trahison. Afin de comprendre ce qu'est la loyauté. Nous apprenons à partir des opposés. Nous apprenons l'amour en expérimentant la haine, etc., etc.

Donc, tout ceci, c'est une grande salle de classe. (Elle rit.)

BR : OK, Cathy. Merci infiniment. Il y a ici une énorme quantité de sagesse à absorber à partir de votre expérience, et je souhaite vraiment vous remercier d'avoir partagé ceci.

KC : Merci à vous, et merci de partager ceci avec tout le monde. Je vous en suis reconnaissante.

BR : C'est fantastique. C'est fantastique. Merci.

Musique : Amazing Grace

(Écran)

Post-scriptum : le Pardon

Quand Bill Ryan m'a demandé ce que je pourrais dire à mon père, j'ai ressenti sa présence dans la pièce, et j'ai vu son image. On dirait que ma prière Ho'oponopono a été exaucée. A ce moment précis, j'ai ressenti la présence de la Grâce.

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AlphaZebraMa profonde gratitude à Kathy Collins, et à tous les membres d'Avalon.

Bill Ryan, août 2015



MERCI
à mon frère, qui a parcouru à mes côtés ce chemin difficile, et qui continue à être d'un grand secours.

Nous étions "jumelés" dans
le Programme Monarch

MERCI
à mes trois enfants,
qui ont été mes maîtres...

Et la plus grande équipe de soutien
que l'on puisse souhaiter.

MERCI
A mes autres frères et sœurs, qui ont enduré
la folie de vivre sous le même toit
en ces rudes moments...

...et qui se sont engagés
à ce que ces abus cessent avec notre génération.

MERCI
A tous mes maîtres, amis, et autres membres de ma famille spirituelle
pour leur compassion et leur patience.

MERCI
A Cathy O'Brien et Mark Phillips,
qui ont répondu avec grâce et rapidité
à mon appel à l'aide
quand j'étais sous le choc de la découverte
et que j'avais besoin de savoir qu'il existait dans le vaste monde
quelqu'un qui comprenait.

MERCI
A Bill Ryan et Kerry Cassidy
de Project Camelot,
pour avoir publié des interviews
qui se sont révélées cruciales à mon développement
et à la compréhension de mon passé.

MERCI
A Eric Thorton, le médium, guérisseur et maître,
qui m'a de nombreuses fois sauvé la vie
et m'a aidée à me diriger au milieu de la terreur, de la peur et de la confusion initiales.
Il demeure d'un grand secours.

Merci
A Derek O'Neill, mon maître spirituel, qui incarne l'amour
et qui m'a permis de comprendre le véritable pouvoir de l'amour.
Il m'a guérie maintes fois,
et demeure toujours prêt à m'aider

MERCI
A toutes les forces bienveillantes et invisibles,
sans lesquelles je ne serais pas en vie aujourd'hui.

MERCI
à Bill Ryan -- dernier, mais pas le moindre --
pour m'avoir encouragée et soutenue,
et m'avoir offert l'occasion de donner ce message d'espoir.


OUVRAGES STIMULANTS

Trance-Formation of America
de
Cathy O'Brien et Mark Phillips


More Truth Will Set You Free
de
Derek O'Neill


The Power of Now
de
EckhartTolle


Sacred Contacts
de
Caroline Myss


The Power of Myth
de
Joseph Campbell


The Prophet
de
Khalil Gibran


The Matrix
des
frères Wachowski


La Bible
Le Coran
La Bhagavad-Gita



Kathy Collins, 28 juillet 2015





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Bill Ryan

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