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Politique



Sachez de quoi vous parlez : l'industrie du terrorisme,
par le Dr. Daniele Ganser, historien suisse


Ces pages du Forum de Project Avalon sont, sauf indication contraire, traduites par The Avalon Translation Project.


Message N°1        28 septembre 2017 (Pour l'original, voir ici.)
Membre d'Avalon  uzn's Avatar
Default Sachez de quoi vous parlez : l'industrie du terrorisme, par le Dr. Daniele Ganser, historien suisse

Dans cette vidéo éducative du Dr. Daniele Ganser, l'historien suisse spécialiste de l'histoire contemporaine postérieure à la Deuxième Guerre mondiale et de politique internationale, nous parlons du sens de l'expression "guerre contre la terreur" (également connue sous la forme de "guerre mondiale contre le terrorisme"), et comment le complexe militaro-industriel en tire profit.



Source : http://www.youtube.com/watch?v=tAWmCZouJBw

(Traduction de la vidéo)
Sachez de quoi vous parlez : l'industrie du terrorisme | par le Dr. Daniele Ganser, historien suisse
(Écran)
Le Dr. Daniele Ganser (PhD) est un historien suisse qui se spécialise dans l'histoire contemporaine postérieure à 1945 et en politique internationale. Ses sujets de recherche sont la recherche sur la paix, la géostratégie, la guerre secrète, les guerres pour les ressources, et l'économie politique. Il enseigne l'histoire et l'avenir des systèmes énergétiques à l'Université de St Gall (HSG). À l'Université de Bâle, il enseignait à des étudiants de troisième cycle l'analyse de conflits, en se référant particulièrement à la lutte mondiale pour le pétrole.

Daniele Ganser est le fondateur et directeur du Swiss Institute for Peace and Energy Research (SIPER - l'Institut Suisse pour la Paix et la Recherche Energétique) de Bâle. Le SIPER s'emploie à rechercher la possibilité d'une transition vers des fournitures en énergie 100 % renouvelables et des moyens de résoudre pacifiquement les conflits.

Que devrions-nous prendre en considération quand nous entendons l'expression "guerre contre la terreur" ?

Dr. Daniele Ganser : Eh bien l'expression de "guerre contre la terreur" est un non-sens total. C'est vraiment un non-sens total. C'est comme quand on parle d'"intervention humanitaire". C'est aussi une de ces expressions qui sont un non-sens total.

D'accord, oui, on voit ces expressions dans les journaux, à la télévision, et les politiques en parlent : premiers ministres, ministres de la Défense, universitaires, etc.

Mais laissez tomber. La guerre contre la terreur est un non-sens. Ça ne marche pas. Qu'est-ce que ça veut dire, la "guerre contre la terreur" ? Est-ce que ça signifie qu'on utilise la violence -- parce que la guerre, c'est de la violence -- pour détruire la violence -- parce que la terreur, c'est de la violence !-- ?

En gros cela signifie "de la violence contre la violence". Donc quelqu'un vous dit : "Je suis en train de vous expliquer la violence contre la violence."

Alors vous allez répondre : "C'est comme traiter le feu par le feu ?" 

Ça veut dire quoi ? Ça ne veut rien dire !

En fait, c'est juste de la propagande. C'est juste de la propagande, de la part de gens qui veulent justifier des guerres d'agression. C'est comme ça qu'on les appelle.

Prenez l'exemple concret de 2003. Le président Bush, des États-Unis, associé au premier ministre britannique Tony Blair, a attaqué l'Irak. En 2003.

Et ça, c'était illégal. On ne peut pas attaquer un autre pays, parce qu'il y a la Charte des Nation Unies, de 1945, qui stipule que tous les pays du monde -- et nous sommes 200 pays dans le monde -- doivent se conformer à la Charte des Nations Unies.

Et dans cette Charte, il est très explicitement dit qu'on n'est pas autorisé à bombarder un autre pays. OK ? C'est illégal. On ne peut pas le faire. 

Les Britannique et les Américains s'en sont complètement moqués. Ils ont dit : "Quel que soit le contenu de la Charte de l'ONU, nous allons bombarder l'Irak. Mais comment allons-nous convaincre le grand public ?"

Et ils ont affirmé : "Il faut que nous le fassions parce que Saddam Hussein représente une énorme menace : il possède des armes de destruction massive et il va donner ces armes de destruction massive aux terroristes ! Et alors les terroristes vont exécuter des attentats  bactériologiques et chimiques contre les États-Unis ou contre Londres."

Si bien que les gens aux États-Unis et en Grande-Bretagne étaient paniqués. Pas tout le monde, mais beaucoup de gens. Ils avaient entendu ce discours : guerre, terreur, guerre, terreur, et ils paniquaient.

(Écran)
George W. Bush :
"Saddam Hussein est un dictateur meurtrier obsédé par les armes de destruction massive (...) et nous savons que l'Irak continue à financer la terreur et prête assistance à des groupes qui utilisent le terrorisme pour saper la paix au Moyen-Orient"
Et finalement les soldats américains qui combattaient en Irak et qui tiraient sur les Irakiens, croyaient -- ils croyaient, et c'est complètement fou -- mais ils croyaient qu'ils étaient là-bas parce que Saddam Hussein avait quelque chose à voir avec le 11-Septembre, avec les attaques terroristes du 11-Septembre.

Il s'agit d'une confusion totale. Saddam Hussein n'avait rien à voir avec ça. Mais il y avait des sondages chez les soldats américains, et environ 80 % ont dit qu'ils étaient là à cause du 11-Septembre !

Maintenant, cela signifie que la "guerre contre la terreur" n'est destinée qu'à perturber ceux qui se laissent perturber.

Mais si vous êtes suffisamment intelligents et éveillés, vous comprenez que cette guerre contre le terrorisme n'est qu'un non-sens total. Et l'exemple le plus récent s'est produit en mai 2017, avec le président U.S. Donald Trump, le nouveau président. Le premier pays qu'il a visité, parmi tous ceux de la Terre, c'est l'Arabie Saoudite. OK.

Très bien. Il peut choisir de rendre visite au pays qu'il veut. Mais alors, il rend visite au roi d'Arabie Saoudite -- Il s'appelle Salman. Il n'est pas très connu. OK ? Salman est un homme très puissant : il est le roi d'Arabie Saoudite.

Et les deux hommes, Trump et Salman, se sont mis d'accord sur des transactions militaires portant sur 100 milliards de dollars !

(Écran)
Les stocks de la Défense atteignent un niveau historique lors d'un accord d'armement de 110 milliards de $ entre les États-Unis et l'Arabie Saoudite
Ça fait beaucoup d'argent !

Maintenant, l'Arabie saoudite parraine le terrorisme radical sunnite depuis de nombreuses années. Donc si on regarde dans le passé, les Saoudiens ont envoyé des hommes jeunes en Afghanistan entre 1979 et 1988. Ça, c'était la création d'Al-Qaïda. En fait, Oussama Ben Laden est saoudien.

Il est donc vraiment étrange que le président Trump se rende en Arabie Saoudite pour vendre UN TAS d'armes, une quantité vraiment énorme d'armes, et dise : "Tout ceci est important, parce que nous avons cette guerre contre le terrorisme."

Donc, pour résumer, n'en tenez pas compte.

La guerre contre le terrorisme, c'est pour les Nuls.

(Écran)
Alors pourquoi le mot "terrorisme" est-il si souvent utilisé par les politiques ?
Le mot "terrorisme" est trop souvent utilisé aujourd'hui. OK ? On l'utilise partout, tous les jours, sur toutes les chaînes de TV, dans tous les journaux, sur Internet, partout.

Si on a de la violence, les gens parlent très vite de terrorisme. Et la raison en est qu'il existe des groupes qui ont tout intérêt à ce que ce mot soit utilisé très fréquemment, parce qu'alors cela leur permet de justifier davantage de dépenses militaires.

Si vous avez le mot "terrorisme", disons 10 fois par jour à la radio dans votre pays, et que, quelques semaines plus tard, le ministre de la Défense dise : "Il nous faut plus de fusils !" et que les gens demandent : "Pourquoi ? Quelle est la nature de la menace ?" il va répondre : "Le terrorisme !"

Imaginez que vous n'ayez jamais entendu parler du terrorisme auparavant. Vous allez dire : "Vous n'aurez pas plus d'argent ! On n'en parle plus." Mais si vous entendez ce mot-là tous les jours, ou 10 fois par jour, vous allez répondre : "Aucun problème ! Vous voulez combien ? Un milliard ? 2 milliards ? 10 milliards ?"

Même chose pour la surveillance étatique. Nous voyons actuellement un processus où les gens au pouvoir veulent observer tout et tout le monde. OK ? Ils veulent repérer votre iPhone, tous les smartphones, surveiller ce que vous regardez sur Internet, ils veulent tout simplement vous suivre à la trace.

Ils veulent savoir à quoi vous dépensez votre argent, où vous garez votre voiture, si vous êtes malade ou en bonne santé. Et les gens font : "Oh, non, je n'aime pas ça. pourquoi voulez-vous surveiller mon téléphone ?" et on leur répond : "À cause du terrorisme."

Donc "terrorisme" est devenu une sorte de mot à la mode, mais il n'aide en rien à résoudre le problème, c'est avant tout un mot destiné à effrayer tout le monde et à faire s'agiter les gens. Et tout a en gros débuté avec le 11-Septembre.

Donc en 2001, le mot "terrorisme" est arrivé en force, et depuis 16 ans il est omniprésent, c'est le cas, et j'ai personnellement effectué des recherches sur le terrorisme pendant la Guerre Froide : l'Opération Gladio et d'autres questions.

Je me rappelle seulement qu'à la fin des années 1990 on me demandait : "Quelle sorte de PhD (doctorat) avez-vous ? " Parce qu'il s'agissait de mes recherches de doctorat. "Sur quoi travaillez-vous ?" et je répondais "Je fais des recherches sur le terrorisme, sur l'OTAN, sur les armées secrètes."


Alors mes amis -- ça, c'était au LSE (London School of Economics) à Londres -- m'ont répondu : "Le terrorisme, Oh, ça, c'est vraiment rasoir ! Ça, c'était il y a longtemps. C'était la Rote Armee Fraktion (Fraction Armée Rouge) en Allemagne dans les années 1970, mais ça c'est vieux jeu, ou bien étudie le Rainbow Warrior, Greenpeace, mais ça, ça date des années 80, c'est vraiment... Passe à autre chose ! Pourquoi ne fais-tu pas des recherches sur la mondialisation ?"

Ah, il est vraiment drôle de voir comme les choses changent ! ]





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Bill Ryan

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