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Un pirate au Pentagone : Gary McKinnon

Traduction et sous-titrage, par The Avalon Translation Project,
d'une interview du site originel de Project Camelot.


Londres, juin 2006

 

Début de l’interview

Kerry Cassidy : Me voici avec Gary McKinnon, et nous sommes ici pour parler de son extradition possible aux États-Unis pour piratage informatique, mais aussi de ses investigations sur les OVNI et la levée du secret.

Peut-être pouvez-vous me parler, Gary, de l’attitude réelle du gouvernement américain envers vous, et de ce que vous en pensez.

Gary : Personnellement, j’ai dès le départ franchement et totalement reconnu, dans deux Gary McKinnon interrogatoires de police, que je m’étais bien introduit dans ces systèmes. Mais on ne cesse d’augmenter de façon ridicule le montant du dommage.

Depuis, j’ai découvert que pour justifier une année de prison en Amérique et l’extradition, les dommages devaient s’élever à au moins 5 000 $ : il s’agit alors d’un cybercrime.

Donc, comme par magie, par un tour de passe-passe, on m’accuse d’avoir causé exactement 5 000 $ de dégâts sur chacun des ordinateurs que j’ai visités. C’est totalement faux. À mon avis, et selon d’autres personnes mieux informées que moi, la pression qu’ils veulent me faire supporter est davantage liée aux pages que j’ai consultées et à ce que je peux y avoir vu.

KC : OK. J’ai trouvé très intéressant qu’ils réclament des dommages car, d’après ce que je comprends, vous utilisiez un modem commuté et vous n’avez même pas téléchargé de fichiers. Comment avez-vous donc pu commettre des dégâts ?

GM : Ils ne donnent aucune explication, ils ne font que le prétendre. Aux termes de cette nouvelle loi sur l’extradition, il n’est pas nécessaire de fournir de preuves, ce qui est ridicule. De plus, elle n’a pas été signée de votre côté de l’Atlantique. Le Congrès, le Sénat ne l’a pas ratifiée. Pour l’instant il s’agit d’un traité avec une seule signature.

KC : OK. Et vous avez eu une audience. C’était quand exactement ?

GM : La dernière a eu lieu, je crois, à la mi-mai [2006], ou vers la fin mai. Je ne sais plus.

KC : Et vous en avez une autre prévue pour juillet ? Exact ?

GM : Aucune audience n’est encore fixée. Nous avons jusqu’au 21 juin pour présenter des observations au Ministre de l’Intérieur, après quoi il décidera si l’extradition est recevable ou non. Et s’il décide qu’elle est recevable – je suis sûr que ce sera le cas – je pourrai alors faire appel.

KC : OK. Une fois que vous aurez fait appel, vous serez encore en fait en sécurité ici, pour ainsi dire, dans la mesure où ils ne peuvent toujours rien vous faire. Exact ?

GM : C’est vrai. Oui. Je suis actuellement sous caution, 5 000 £ de garantie depuis des mois et des mois... depuis quatre ans, depuis l’arrestation.

KC : Depuis quatre ans ?

GM : Oui. On m’a arrêté en mars 2002.

KC : Waouh ! OK. Peut-être pouvez-vous nous expliquer exactement ce qui vous attend.

GM : Il s’agit apparemment de sept chefs d’accusation pour dommages intentionnels et intrusion, chaque chef d’accusation étant passible de 10 ans au plus. Chacun.

Auparavant le gouvernement américain avait essayé de traiter avec moi, en me disant : Si vous ne nous forcez pas à passer par l’extradition et venez à nous de votre plein gré, nous vous condamnerons à seulement 3 ou 4 ans de prison, purgés en grande partie dans votre pays, passés les 6 ou 12 premiers mois.

J’ai répondu : Bien. Ça paraît acceptable. Écrivez-le-moi. (Sourires, haussements d’épaules) Devinez ce qui s’est passé : je n’ai pas obtenu d’écrit. J’ai donc refusé les différentes propositions.

Sur le papier, ils m’ont donc en apparence dit : Si vous refusez notre accord, on vous filera le maximum. Je cite mot pour mot Ed Gibson, l’attaché de l’ambassade des États-Unis à l’époque.

Pour moi ce n’est pas un accord. Un accord est le résultat d’une discussion raisonnable entre deux ou plusieurs parties.

KC :
Absolument.

GM : Ils me disent : Si vous n’acceptez pas, on vous filera le maximum. Donc, je pense qu’ils veulent vraiment monter à 60 ou 70 ans de prison, ce qui est ridicule, vu que leurs mots de passe étaient laissés en blanc, autrement dit, qu’ils n’avaient PAS de mots de passe !

KC : OK. Approfondissons un peu. Au fond – je ne sais pas si vous voulez que j’utilise le mot pirate. Je ne sais pas si vous vous considérez comme un pirate, ou si c’était le cas à l’époque ?

GM : Je ne me suis jamais considéré à l’époque comme un pirate, comme un hacker. Au fond, tout ce que je faisais - parce que, ne l’oublions pas, il s’agissait d’un compte d’administrateur, avec contrôle total de la machine locale grâce à un mot de passe non rempli. Il s’agissait donc pratiquement d’une simple connexion.

KC : Revenons en arrière d’une minute. Que cherchiez-vous exactement en faisant ça ?

GM : Au départ je cherchais tout ce qui était en rapport avec les OVNI. Après avoir approfondi le sujet et écouté des discussions et des conversations plus sérieuses dans le domaine, après avoir été initié au Disclosure Project (en français, le Projet Révélation, du Dr. Stephen Greer, http://disclosure.free.fr/ – NdT) et compris qu’il y avait 400 témoignages de gens dont le métier allait de contrôleur aérien, à opérateur radar militaire, en passant par des hommes et femmes responsables du lancement ou non de missiles nucléaires. J’ai pensé que ces gens-là étaient tout à fait crédibles.

Et toute cette technologie mise sous le boisseau, qui titillait en quelque sorte mon côté humanitaire... J’ai pensé : Nous faisons la guerre pour du pétrole, nous brûlons des carburants fossiles, nous polluons l’environnement, et nos vieux retraités qui meurent en Grande-Bretagne, parce qu’ils ne peuvent pas se payer de quoi se chauffer !

Je me suis dit : Pourquoi bon sang cache-t-on cette technologie ? Je peux comprendre certains des arguments en faveur de ça. Par exemple, si les terroristes disposaient de l’énergie libre, ou de l’antigravitation ? Mais, voyez-vous, et si les terroristes disposaient d’armes à feu ? Tout est à double visage. Il faut se protéger, prendre des mesures, mais laisser le public en profiter. Tout le monde devrait en disposer.

KC : OK. Mais en ce qui concerne les pirates informatiques – dans ce que j’ai lu, vous avez dit, je crois, que vous avez rencontré beaucoup d’autres sortes de parties intéressées, qui enquêtaient aux mêmes endroits que vous, conscientes que certains mots de passe étaient en blanc et qu’elles pouvaient y pénétrer par les sites administratifs. Exact ?

GM : Oui. J’aurais été surpris qu’il n’y ait personne d’autre, parce qu’il n’était même pas nécessaire de pirater pour entrer. Avec des mots de passe en blanc, c’était du hameçonnage à grande échelle. Certains de ces endroits étaient très spéciaux, et on n’imaginerait pas qu’il n’y ait aucun pare-feu, ni des mots de passe en blanc.

KC : Vous avez été impliqué là-dedans en quelle année ?

GM : 2000-2001.

KC : Cela ne fait donc pas si longtemps. Spécialement dans le cas du gouvernement, de l’armée et de la NASA... on aurait pu penser que leurs systèmes informatiques seraient protégés contre ça.

GM : Oui, absolument. Je suppose qu’il existe en fait des consignes fédérales à ce propos.

KC : Vous leur avez rendu service d’une certaine manière, pas vrai ?

GM : Oui, on peut le voir comme ça, parce que je suis sûr que... Les autres connexions là-bas – avec la Turquie, la Hollande, l’Allemagne, avec le monde entier – on voyait les adresses IP se connecter à la machine, on pouvait trouver de quel pays elles provenaient et quelles entreprises possédaient les IP. Et je ne sais pas si elles correspondaient à des gouvernements étrangers. Cela aurait pu être Al-Qaïda. Ou quelqu’un d’autre, dans mon genre, qui vient y fourrer son nez. Qui sait ?

KC : Voilà un point très intéressant. Ces administrateurs ont donc été découverts, au fond, grâce à ce que vous avez fait. Pouvons-nous le supposer ?

GM : Non. Il est bon de préciser qu’il s’agit du compte administrateur. Très souvent, dans les réseaux de grandes entreprises ou les organismes importants tels que l’Armée de terre ou la Marine, ils n’utilisaient pas en fait d’ administrateur, mais un compte intégré. Qu’on ne peut pas effacer, mais qu’on peut renommer. Au cas où, disons, quelqu’un voudrait agir au niveau du système sur l’ensemble du réseau, il utiliserait ce compte pour se connecter à distance. Ça donne le contrôle total de la machine. Mais ça ne fait allusion à personne en particulier.

KC : Oh. Donc ça n’implique aucun employé particulier, pour l’entretien du site, etc.

GM : Exact. Bon, ils ont sûrement des informaticiens pour veiller au grain.

KC : Bien. Et vous n’avez jamais rencontré un informaticien quelconque à l’autre bout ?

GM : Si. Un ingénieur réseau. Parce que j’avais le contrôle graphique de la machine, à distance, c’était comme être assis en face de l’écran, en face du moniteur. Et j’ai dû me tromper dans l’heure locale, ou bien il travaillait tard, etc. Mais il a de toute évidence vu la souris parcourir l’écran. Et juste après, s’est affiché un WordPad avec quelqu’un qui tapait : Qui êtes-vous ?

J’ai paniqué. Je ne voulais pas me faire prendre. J’ai réfléchi à toute vitesse afin de retomber sur mes pieds, et j’ai transformé ma propre enquête en explication pour lui répondre.

Je lui ai dit : Je suis de Nipponet Security – un réseau d’acheminement et de protocole internet non-classifié – et j’ai découvert du scanning non-autorisé en provenance de cette machine. Je suis ici pour effectuer les recherches. Et lui a immédiatement essayé – c’est bien la nature humaine – de m’impressionner par ses connaissances, et pour ce faire, il a effectué un scan anti-virus, et m’a bien montré que la machine était clean – puis il a poursuivi son travail.

KC : Waouh ! Et il n’a rien découvert ? Parce que je sais que c’est en rapport avec votre arrestation : quand ? un mois après, ou je ne sais combien de temps plus tard ?

GM : Je ne me souviens pas en fait quand a eu lieu cet incident. J’ai fait ça tous les soirs, pratiquement toute la nuit, pendant deux ans. Je ne prenais pas trop de précautions, donc dates et choses sont un peu déformées.

KC : Autrement dit, c’était pour vous une vraie passion ?

GM : Oh oui. Oui.

KC : Cette passion pour les informations était-elle liée aux OVNI et à la technologie cachée ? C’était ce qui vous passionnait ? Sinon, qu’est-ce qui vous passionne là-dedans ?

GM : Je crois passionnément que nous devrions bénéficier de toute cette technologie. Et bien sûr, dans une moindre mesure, il serait bon d’avoir la confirmation éventuelle de l’existence des extraterrestres et de leurs contacts avec nous. Mais il était à mes yeux plus important de bénéficier de ce système d’énergie libre.

KC : OK. Qu’avez-vous donc trouvé ?

GM : Concernant l’énergie libre : rien. Rien du tout, malheureusement.

Mais sur les OVNI... Ça peut paraître à certains de simples présomptions, mais pour moi, tout ça est prouvé. Donna Hare fait partie du Projet Révélation - elle est scientifique photographe à la NASA, titulaire d’une habilitation Secret-Défense et travaille au Bâtiment 8 du Centre Spatial Johnson - Donna Hare, donc, rapporte dans son témoignage qu’un de ses collègues occupé à des photos l’a invitée à voir ce qu’il faisait. Elle a vu des images satellites HD prises à 500 m au-dessus des arbres – je crois qu’il s’agissait d’un disque blanc.

Au début elle a pensé : Oh, il y a une tache dans l’émulsion, une erreur dans le processus photo. Il lui a répondu : Bon, regarde, les taches dans l’émulsion n’auraient pas d’ombres parfaitement formées, ni orientées comme celles des arbres. Etc., etc. Tous les détails y étaient. Et elle déclarait en fait qu’au Bâtiment 8 ils avaient tout un tas d’aérographes pour régulièrement éliminer les OVNI des photos, parce que ces images étaient ensuite vendues aux universités et autres.

Et ayant déjà parcouru toutes les autres installations de la NASA – je me suis dit que la méthode de filtrage à base de mots de passe en blanc serait aussi valable pour le Centre Spatial Johnson – et ce fut le cas. Une fois là, j’ai utilisé diverses commandes réseau pour visiter les machines du Bâtiment 8. Et je suis tombé dessus. La première photo correspondait exactement à ce qu’elle avait dit. Je ne sais plus si elles étaient marquées Filtré ou Brut, Traité ou Non-Traité, mais il existait de toute évidence des répertoires indiquant un changement dans les données au cours du processus.

Les répertoires étaient remplis d’images au format NASA, ou dans un format que je n’avais encore jamais vu : ni jpeg, ni gif. Ils pesaient par ailleurs 200 ou 300 Mo. Et utilisant un modem commuté à 56 000 bps, je ne me voyais pas les télécharger à raison de 5 minutes par mégaoctet.

Donc, ce que j’ai fait... Le programme de télécommande qui donne le contrôle graphique de la machine – j’ai descendu la résolution couleur à, je crois, 4-bits, et sur le bureau de la machine de la NASA, j’ai navigué jusqu’au répertoire et double-cliqué sur la première image. L’application s’est lancée. L’image est arrivée sur l’écran, mais ça restait très, très poussif.

Ce que j’ai vu ou espéré voir, c’était ce que Donna Hare décrivait comme étant une soucoupe, en imagerie HD. Et au lieu de ça, j’ai vu ce que je pensais être la Terre. Avec des nuances de gris. L’hémisphère terrestre occupait les 2/3 de l’écran et à mi-distance entre le haut de l’hémisphère et le bas de l’image se trouvait un objet en forme classique de cigare, mais avec des dômes en balle de golf, des dômes géodésiques, au-dessus, en-dessous, de ce côté (montre le côté droit) et, je suppose, de l’autre côté également. Il avait les extrémités d’un cigare, très légèrement aplaties. Aucune soudure, aucun rivet. Pas d’antennes télémétriques, rien du genre. Il semblait ne pas être d’origine humaine : aucun des détails caractéristiques d’une fabrication humaine.

KC : Diriez-vous que c’était en fait un vaisseau spatial ?

GM : Oui. Au début, quand j’ai vu la moitié supérieure, j’ai pensé : Des c... ! Juste une fichue photo de satellite. Mais à mesure que l’image apparaissait, il devenait évident que ça ne ressemblait à aucun des satellites que j’avais vus. Je suis accro de l’espace depuis l’âge de 14 ans, donc j’en ai vu, des photos de satellite !

KC : OK. Vous saviez donc, dans une certaine mesure, ce que vous voyiez. (Gary approuve.) Durant ces deux années d’enquête, vous êtes vous senti réellement menacé par ce que vous voyiez ? Après tout, vous aviez déjà été coincé par un gars, pas vrai ? (Gary fait oui de la tête.) La seule fois ?

GM : Non. Cet ingénieur réseau m’a plus ou moins vu mais ne s’est pas rendu compte que je n’aurais pas dû être là. Le type qui m’a coincé pour de bon était à la NASA quand cette photo était déjà aux ¾ apparue sur l’écran. Il a vu la souris bouger, il a double-cliqué sur l’icône du réseau local, sélectionné Fermer, et – vlan, j’étais fait. Voilà pourquoi cela a été un drôle de moment. Une sorte de triomphe, bien sûr : j’avais par moi-même totalement confirmé ce que Donna Hare avait dit, mais je m’étais fait prendre au même instant.

KC : Bon, quand vous dites que vous vous étiez fait prendre... Comment vous a-t-il coincé ? Il a apparemment fermé le réseau, donc vous ne pouviez plus continuer. (Gary fait oui de la tête.) Mais savait-il alors qui vous étiez, ou bien leur a-t-il fallu effectuer beaucoup plus de recherches pour trouver d’où vous veniez ?

GM : Il leur a fallu un peu plus de temps, beaucoup plus, je crois, sans que je sache exactement combien. Je ne me rappelle plus... C’était presque à la fin de mes recherches. Je dirais vers la fin 2001. J’ai été arrêté en mars 2002. D’après ce qu’on m’a dit, la NASA et les différents organismes militaires que j’ai visités se partageaient les infos – je pense qu’ils devraient le faire plus souvent – ils ne le font pas suffisamment, en se contentant d’appliquer la loi, et ils se sont rendu compte que celui qui était entré dans le système utilisait les mêmes outils, les mêmes programmes, les mêmes méthodes de pénétration.

Et je pense que la NASA savait que l’adresse IP provenait du Royaume-Uni. C’était là le problème : je n’étais pas un pirate professionnel, je ne couvrais pas suffisamment mes traces, ni ne réfléchissais correctement. J’étais allé dans des fuseaux horaires où les gens étaient encore au bureau. Voilà.

KC : OK. Donna Hare. Je suppose que vous avez vu ou entendu son témoignage quelque part? Sur le web ?

GM : Sur le site du Disclosure Project, dans leur Colloque National de Presse 2001.

KC : Je vois. A-t-elle cherché à entrer en contact avec vous ?

GM : Non, mais sa secrétaire, oui.

KC : Euh. OK. Vous avez été interviewé par un certain nombre de publications, ou d’organismes réputés, tels que la BBC. Est-ce exact ?

GM : Oui. La BBC, Channel 4, Channel 5, ITV, le BBC World Service...

KC : Et le Guardian ?

GM : Et le Guardian.

KC : Le Financial Times ?

GM : Oui, le FT. Par le Metro, par le Standard... Le Daily Mail veut aussi m’interviewer, mais je ne leur ai pas encore répondu.

KC : OK. Et très récemment, Linda Moulton Howe, ou peut-être dans Coast to Coast à un moment ou un autre, et pour son propre site.

GM : Oui. Pour Earthfiles et Dreamland.

KC : OK. Je me le demandais. Je sais que votre cause est une sorte de cause célèbre ici au Royaume-Uni, mais aux États-Unis ça ne fait pas autant la une pour l’instant. N’est-ce pas ?

GM : À mon avis c’est délibérément étouffé là-bas. Je n’ai eu de contacts qu’avec CNN, je crois, mais avec aucun autre réseau d’informations – parce qu’il semble exister deux factions chez les militaires et le gouvernement américains. L’une est extrêmement embarrassée par ce qu’on pourrait appeler des défaillances dans la sécurité – ni pare-feux, ni mots de passe, aucune sécurité, en fait - Spécialement depuis le 11-Septembre, la sécurité devrait être très renforcée. L’autre faction semble souhaiter que tout soit divulgué au grand jour, avec un procès à grand spectacle, un cirque médiatique avec le message : Voici ce qui arrive aux hackers !

KC : Oh, je vois, pour vous utiliser comme bouc-émissaire. (Gary opine.) Bon, mais ça paraît injuste, à première vue, on peut se demander pourquoi ils ne vous ont pas engagé (Rire de Kerry), puisque vous avez mis en relief une réelle faille dans le système ? Ils auraient pu vous intégrer. Vous semblez ne pas être opposé à la sécurité informatique.

GM : Non, absolument pas. Je respecte beaucoup les agences qui font appliquer la loi, et les agences militaires, quand elles pensent correctement. Mais de nos jours... Ils savent que je suis en complet désaccord avec toutes ces années de politique étrangère indigne de l’Amérique - je déteste entendre les gens dire que ceci ou cela est très américain – il ne s’agit pas du peuple américain. Le peuple a été la victime d’une succession de très mauvais gouvernements, aux politiques à court terme. Je pense qu’ils savent donc que je ne travaillerais pas pour eux.

KC : Comment le gouvernement britannique vous traite-t-il en fait ? Avez-vous eu des contacts avec ses membres ?

GM : Nous écrivons bien évidemment aux députés, etc. Mais je suis très déçu quand on pense que la première chose qu’ait faite le gouvernement britannique a été de me tendre sur un plateau au gouvernement américain. Toutes les preuves étaient à Londres. Mon disque dur était à Londres. J’étais moi-même à Londres. J’ai spontanément et totalement reconnu mon intrusion. Tous les détails étaient ici.

Au départ, la police d’ici était très conciliante. Elle m’a dit : Oh, vous risquez 6 mois de travaux d’intérêt général, juste pour l’intérêt général, etc. Mais ils sont allés en Amérique et à leur retour des réunions avec le Bureau de Renseignement de la Marine (the Office of Naval Intelligence), et aussi, je pense, le Bureau Spécial d’Enquête de l’Armée de l’Air (the Air Force Office of Special Investigations), leur attitude a changé du tout au tout. Quelque chose d’extrêmement pesant et d’extrêmement sérieux. Et soudain sont apparus tous les gros titres parlant de génies du crime, et autres imbécillités.

KC : Oh, d’accord. N’est-il pas vrai que vous avez été en partie inspiré par le film Wargames (Jeux de guerre, au Québec - NdT) ?

GM : C’est une mauvaise citation de John Ronson. J’ai dit que je l’avais vu, mais que cela ne m’avait pas vraiment inspiré. Ce qui m’a en revanche inspiré, c’est The Hacker’s Handbook (le Manuel du Hacker), le livre de Hugo Cornwall - Peter Sommer, de la London School of Economics.

KC : Oh, vraiment...

GM : (Il opine et hausse les épaules.) C’est la première publication informative que j’ai lue. En fait le premier numéro a été interdit par le gouvernement britannique et ils ont dû en réimprimer une version expurgée.

KC : Mais maintenant il enseigne essentiellement. N’est-ce pas ?

GM : Je ne sais pas exactement ce qu’il enseigne.

KC : OK. Bon, il est intéressant que vous soyez entré dans ce domaine par l’intermédiaire de quelqu’un dont on peut dire qu’il travaille plus ou moins pour l’establishment, pas vrai ?

GM : (Il opine.)

KC : Mais il a écrit un livre sur le piratage informatique. Et le piratage est un moyen pas très académique de trouver des informations pour un chercheur, et peut-être ni aimé, ni apprécié des Pouvoirs en Place ?

GM : Oui. OK. Comme un journaliste, qui écrit pour faire bouillir la marmite.

KC : Exact. Pouvez-vous me dire ce que vous avez trouvé d’autre ? Je sais que vous avez des infos concernant des officiers non-terrestres (Non-Terrestrial Officers). Est-ce vrai ?

GM : Il y avait une feuille Excel dont le titre était Officiers non-terrestres », avec des noms, des grades... Une longue liste, mais je ne pense pas qu’elle occupait tout l’écran.

KC : Pourriez-vous dire en gros combien ? Au jugé, s’agit-il de 20, de 50 ?

GM : De 20, peut-être de 30.

KC : Avez-vous par hasard remarqué s’il s’agissait d’hommes ou de femmes ?

GM : Non, je ne me souviens pas de ça.

KC : OK. Prénoms et noms ?

GM : (Il réfléchit.) Des grades, je confirme, mais rien qui précise capitaine de l’armée de terre, ou de marine, ou de l’armée de l’air.

KC : Donc la désignation n’allait pas jusqu’à indiquer pour quelle arme ils travaillaient ?

GM : Si. Ils étaient officiers non-terrestres, et de toute évidence ce n’étaient pas des petits hommes verts. Je me disais donc : De quelle arme s’agit-il ? Et cette expression ne figure nulle part sur le web, ni dans la documentation officielle de l’armée, etc. Il y avait aussi une liste de transfert de vaisseau à vaisseau ou de flotte à flotte – gardez à l’esprit que flotte à flotte implique de nombreux vaisseaux – du mouvement de matériel. Et ces vaisseaux-là n’étaient pas des bâtiments de l’US Navy. Une fois de plus, je ne me souviens pas des noms, mais je me souviens avoir essayé à l’époque d’associer les noms et que rien ne correspondait.

KC : En théorie, tout ça était donc de l’information secret-défense si, effectivement, non-terrestre signifie bien ce que l’expression suggère, c’est-à-dire hors de la Terre. OK ?

GM : Oui. Ce que j’ai glané à partir de cette information... j’ai supposé qu’on était en train de constituer un corps de marines spatiaux, hors-planète. Si on regarde la littérature actuelle de la DARPA, la Defense Advanced Research Projects Agency (l’agence américaine en charge des projets de recherche avancée pour la Défense – NdT) et celle des années passées, une bonne partie des trucs du gouvernement et du commandement spatial concerne la domination de l’espace. C’est vraiment là le dernier lieu à coloniser. Je pense qu’il est donc naturel qu’ils veuillent contrôler l’espace et développer secrètement une force capable d’y aller. Mais en utilisant très probablement, à mon avis, de la technologie extraterrestre rétroconçue.

KC : Pour aller dans l’espace, en d’autres termes ?

GM : Oui. Et aussi pour se dissimuler, sinon combien d’autres gouvernements le tolèreraient ?

KC : S’agissait-il de la NASA? Où cela se passait-il ? Pouvez-vous vous permettre de le dire ?

GM : (Il rit.) Encore une fois, j’aimerais bien ! Je trouve tellement difficile de me souvenir de tout ça. C’est bizarre. Je peux me rappeler les adresses IP, mais pas la plupart des noms, ni où j’étais quand j’ai trouvé ci ou ça. Je me rappelle avoir pensé à l’époque qu’il s’agissait de la NASA et de la Navy, ou d’éléments secrets leur appartenant. Donc soit la Navy, soit la NASA. Plus probablement la Navy, je crois, mais sans en être totalement sûr.

KC : Ce type de découverte en un tel moment est vraiment extraordinaire, pas vrai ? Pour tout chercheur, tomber là-dessus est un grand moment !

GM : Si... (Il cherche ses mots.) si ce que je suppose être correct, l’est, oui. Et vraiment, on pourrait le croire.

KC : Connaissez-vous l’affaire Serpo ? Nous vous l’avons signalée. Mais je ne sais pas si vous avez pu... parce que vous n’allez pas sur le web, n’est-ce pas ? Cela fait quelques années que vous n’êtes pas allé sur le web ?

GM : Exact. Oui.

KC : Cela fait partie de vos... comment appeler ça ? De la liberté surveillée ?

GM : Oui, des conditions de ma mise en liberté sous caution.

KC : Donc vous l’ignorez, mais il s’agit d’un programme d’échange aliens-humains censé s’être déroulé entre, je crois, 1968 et 1978. Des informations ont été publiées sur le web, et je vous ai passé un article du Fortean Times pour vous renseigner là-dessus.

De mémoire et d’après ce que j’ai entendu, 12 astronautes sont effectivement allés sur une autre planète. Une planète nommée Serpo, dans le système Zeta du Réticule, suppose-t-on. Beaucoup de gens affirment qu’il s’agit de désinformation, mais la chose intéressante, c’est que lorsque vous parlez d’officiers non-terrestres, il est possible qu’on se réfère là aux astronautes de Serpo. Y voyez-vous un lien quelconque ?

GM : Eh bien, oui, ce serait possible. Je pense que tout est possible dans ce genre d’affaire. Le simple fait qu’ils ne soient pas basés sur Terre ne signifie pas forcément qu’ils orbitent autour de la Terre, pas vrai ? Ils pourraient être basés sur une autre planète, dans un autre système solaire.

KC : Parce que c’est non-terrestre, c’est-à-dire pas sur Terre.

GM : Oui.

KC : Oui, nous parlons de gens basés ailleurs dans le système solaire – théoriquement - qu’ils orbitent autour de la planète à bord d’un vaisseau spatial, ou qu’ils soient en fait sur une autre planète. Bon, c’est en tout cas un lien intéressant et assez inattendu, je dirais.

GM : Oui.

KC : Bon, que vous est-il exactement arrivé quand... le coup par coup, quand vous avez été découvert ?

GM : Je dormais depuis une heure. Il était environ 8 heures du matin, on a sonné et mon amie a ouvert la porte. C’était une unité nationale de répression des délits high-tech – 4 ou 5 policiers, grand fourgon. Ils sont entrés. Ils avaient un mandat de perquisition. Mon amie et moi habitions à l’époque chez sa tante. Nous avions le rez-de-chaussée et elle les deux étages supérieurs. Mais le mandat valait pour l’ensemble de la maison. Si bien qu’ils ont donc malheureusement pris, en même temps que mon PC et celui de mon amie, 4 autres PC que je devais réparer pour des copains, et ils sont également montés prendre celui de la tante de mon amie.

Puis on nous a séparés, elle et moi, et ils nous ont fait le coup classique du bon et du méchant flic. Par exemple : Nous savons quel genre de gars vous êtes, l’ami, j’ai fait un peu de ça autrefois, si vous voyez ce que je veux dire. Oh, vous vous êtes introduit à la NASA et au Pentagone, pas vrai ? ...Ils essayaient de me faire admettre des faits avant même d’arriver au commissariat. Je suis bien sûr resté muet.

Nous sommes ensuite descendus au poste de police. J’y suis resté 4 heures, temps pendant lequel j’ai essayé de dormir, parce que j’étais complètement lessivé. Puis ils m’ont sorti de la cellule après avoir interrogé mon amie de l’époque. Ils m’ont interrogé plusieurs heures, en me menaçant d’aller arrêter sa cousine, âgée de 15 ans, juste parce qu’elle était dans la maison désignée dans le mandat, en gros ils m’ont mis sous forte pression pour que je parle hors de la présence d’un avocat.

KC : Waouh !

GM : J’ai pensé : Qu’ils aillent au diable ! Tout est sur mon disque dur, donc je peux tout aussi bien tout leur raconter maintenant, puisqu’ils vont de toute façon le découvrir ! Depuis j’ai toujours fait des aveux spontanés et complets sur les intrusions et les documents que j’ai téléchargés. Mais j’ai refusé de reconnaître ces prétendus dommages ridicules !

Ensuite j’ai subi deux interrogatoires de police, le second juste après leur retour de Washington, je pense, de l’ONI (le Bureau des Enquêtes Navales) et peut-être aussi de l’AFOSI (le Bureau des Enquêtes Spéciales de l’Armée de l’Air). Et ils ont adopté alors un ton très différent : très, très grave. Et ils m’ont posé de plus en plus de questions, en fait pour me forcer à admettre être allé là où je n’étais pas allé ! J’ai trouvé ça intéressant.

Puis en novembre 2000 (en fait, 2002 - NdT) – j’avais été arrêté en mars - le Département [américain] de la Justice a annoncé avoir l’intention de demander mon extradition. Ils ne l’ont pas fait alors, mais ils disaient en avoir l’intention.

Puis nous avons attendu et attendu. Rien ne se passait. Ensuite est arrivée la loi spéciale d’extradition valable uniquement entre les États-Unis et le Royaume-Uni, selon laquelle le Département de la Justice n’avait besoin d’aucune preuve pour extrader un citoyen du R-U. Mais nous, nous ne pouvons pas le faire à un citoyen américain. Votre Constitution vous protège. Et ce traité n’avait été signé que par les Britanniques, pas par les Américains. 400 personnes sont menacées d’extradition à ce titre.

KC : Vraiment ?

GM : Oui. L’Amérique a des accords d’extradition avec 119 pays, et seules la Grande-Bretagne et l’Irlande acceptent d’extrader leurs propres nationaux sans preuves. C’est une situation ridicule.

KC : Je suppose qu’il y a aussi là une sorte de spectre de Guantanamo.

GM : Quelqu’un m’a dit... que la plupart des gens de Guantanamo Bay n’ont même pas encore eu droit à un procès, et on n’a pas prouvé qu’ils étaient terroristes, même si je suis sûr que beaucoup d’entre eux pourraient l’être... tandis qu’on m’accuse d’avoir directement attaqué des sites militaires américains. Alors... (Haussement d’épaules de découragement) ça ressemble beaucoup à un aller simple pour moi. Le fait aussi qu’il s’agit de l’ordre militaire N°1, où on a un tribunal militaire secret, pas d’appel, ni de commentaires possibles. Ils parlent de sécurité militaire et, à partir de là, l’affaire est dans un trou noir.

KC : Vous avez donc un avocat. Exact ?

GM : Tout à fait. Oui. J’ai de l’aide légale ici. Parce que suis au chômage, nous avons un conseiller légal gratuit.

KC : J’ignore si vous êtes libre de nous dire comment il va vous aider dans cette affaire ?

GM : (Pause) Humm. Nous avons pensé que le Juge de District Nicholas Evans, qui menait ma dernière audience, n’a pas vraiment traité correctement tous les points principaux que nous avions soulevés. Je ne suis pas certain qu’il soit suffisamment qualifié ou expérimenté pour les présenter correctement à la Chambre, c’est peut-être pourquoi il ne l’a pas fait. Et nous pensons donc avoir une meilleure chance, en appel, d’obtenir un changement. Nous essayons aussi de faire modifier la loi. Je ne suis pas le seul concerné. Cela concerne beaucoup d’autres gens, et aussi le fait qu’on puisse être extradé sans preuves. Nous essayons donc d’impulser des révisions judiciaires et de mettre la pression, nous faisons des pétitions, etc.

KC : OK. Et vous avez un site. N’est-ce pas ?

GM : Oui, c’est exact. Freegary.org.uk.

KC : OK. Très bien. Peut-être pouvez-vous donc me dire ce que vous avez pensé en voyant la liste des officiers non-terrestres ?

GM : J’ai pensé Waouh ! Je suis vraiment sur quelque chose là ! (Rire de Kerry) Mais ça, plus le transfert de matériel, sont les deux seules choses que j’ai trouvées. Gardez à l’esprit que 99 % du temps on ne trouve rien, absolument rien. J’ai écumé le système pendant des années. Je savais parfois où j’étais, mais de manière vague. Je savais bien sûr que j’étais au Pentagone. Mais très souvent, lorsqu’on arrive pour la première fois aux confins des systèmes afin d’essayer de pénétrer plus profondément, jusqu’au contrôle, on tire d’abord un peu en aveugle.

Il y a ici un journaliste d’investigation, Peter Warren, qui me dit être allé en Amérique interviewer un haut gradé et lui avoir jeté au visage : Pourquoi poursuivez-vous ce type aussi férocement ? Pourquoi s’agit-il ici du tout premier cas d’extradition d’un hacker ? Et quelqu’un lui a apparemment répondu : Le problème, ce n’est pas la personne, ce qu’elle a fait, ou ce qu’elle dit, c’est où elle est allée, et ce qu’elle peut avoir vu et dont elle ne parle PAS.

KC : OK. Continuons une seconde là-dessus. Y a-t-il quelque chose que vous n’avez pas révélé à la presse ? Que par exemple vous pouviez avoir vu ? Vous savez, pour garder des atouts en main ?

GM : Si j’en avais, je ne vous le dirais pas ! (Il rit.)

KC : Oh, vraiment. OK. OK. Normal. Et si vous aviez des informations, elles seraient stockées en sécurité. Parce que des gens disparaissent tous les jours, pas vrai ?

GM : (Grognement d’approbation)

KC : Avec un peu de chance, vous vous êtes protégé d’une façon ou d’une autre.

GM : (Il réfléchit.) Je ne vais pas disparaître.

KC : Non ? OK. Vous vous considérez donc en un sens, comme un battant ? Vous disputez une bataille ?

GM : Non. Non. Je suis bien sûr en conflit, mais...

KC : Je veux dire qu’en un sens, vous vous battez pour la levée du secret, quand tout sera dit et fait, dans les actions auxquelles vous avez participé, n’est-ce pas ?

GM : Je suppose que oui. Mais la prétention dans laquelle ont tendance à se draper beaucoup de gens dans ce domaine, m’agace. (Rire de Kerry) Pour moi, il ne s’agit que d’un travail qui doit être accompli de manière pragmatique. Je ne m’imagine en rien du tout. Je veux juste échapper à cette condamnation et continuer à suivre la levée du secret lié aux OVNI, mais bien sûr par des moyens tout à fait légaux cette fois-ci.

KC : OK. Juste par curiosité : avez-vous songé à écrire un livre ?

GM : Je n’y avais pas songé, et puis John Wiley & Sons m’a approché et m’a convaincu d’écrire le texte de couverture, le document de présentation d’un nouveau livre. Et d’écrire des trucs pour la dernière page de couverture. Du genre : Gary McKinnon nous raconte ci, ça et le reste. Et ils m’ont dit : Oh, bien ! Ça paraît vraiment bien, waouh ! Puis ils ont eu une réunion avec leur section légale de Stateside – c’est finalement une entreprise basée aux USA – et (Il claque des doigts.) hop, terminé.

KC : Oh, waouh, ils ont... Bon, je connais des gens à Hollywood que ça pourrait intéresser. Qu’en dites-vous ?

GM : (Large sourire, gestes, lève les deux pouces.) Ouais ! Tant que je peux rester dans ce pays et le filmer.

KC : Oh, très bien. OK. Donc, tant que vos antécédents... Vous n’êtes pas vraiment un informaticien expérimenté, diplômé, n’est-ce pas ? Je me trompe ?

GM : J’ai de l’expérience, mais pas de qualifications officielles.

KC : Mais aviez-vous déjà travaillé dans ce domaine quand vous avez entamé cette recherche ?

GM : Oh oui. J’ai eu mon premier ordinateur à 14 ans, j’ai appris à programmer en Basic, puis en Samba, puis j’ai arrêté l’informatique pendant longtemps, mais ça restait un passe-temps... programmation graphique, OpenGL, intelligence artificielle, programmation de jeux. Ensuite je suis allé étudier l’informatique, pour découvrir mon manque de capacités pour les maths de haut niveau, donc je ne pouvais même pas commencer une licence d’informatique.

On m’a donc rétrogradé vers un diplôme national supérieur, mais j’avais encore des difficultés avec les maths de haut niveau, il m’a donc fallu quitter tout ça et aller travailler dans ce domaine. J’ai eu mon premier emploi sans aucune expérience sinon celle acquise par mon passe-temps, je me contentais de configurer et d’installer Windows. À partir de là, on a un autre contrat, plus d’expérience, on fait de nouveaux trucs. En ce temps-là les employeurs accordaient plus de valeur à l’expérience qu’aux morceaux de papier. J’ai constaté l’inverse plus tard, mais je pouvais m’asseoir à côté de 10 titulaires de MCSE ou autres, et me révéler meilleurs que tous les autres pris ensemble, grâce à mes 20 et quelques années d’expérience.

KC : Bravo. Donc vous avez aussi travaillé sur des jeux et de l’intelligence artificielle ?

GM : Pas comme travail, pour le plaisir. Algorithmes génétiques, logique floue, des trucs de ce genre.

KC : Fabuleux. Et je crois comprendre que vous êtes aussi dans l’infographie ? Vous avez de l’expérience dans ça aussi ?

GM : Oui. J’utilise OpenGL pour apprendre le langage de programmation C++, parce que c’est très visuel. C’est vraiment un moyen très gratifiant d’apprendre quelque chose d’assez aride.

KC : OK. Cool. Vous êtes donc autodidacte de bien des manières.

GM : Mm.

KC : Par simple curiosité : le milieu des hackers est-il venu à votre aide d’une façon quelconque ?

GM : Bon, je n’ai jamais vraiment fait partie du milieu, pour ainsi dire. J’ai contacté une paire de gars que j’avais vus dans un groupe de discussion où il semblait y avoir des commentaires très, très bien informés sur mon cas, de la part de gens qui s’y connaissaient, et un d’entre eux est maintenant celui qui gère le site freegary. Il sait beaucoup de choses, il est très intéressant, très délicat – une de ces personnes qui semblent se sacrifier entièrement pour le bien de tous. Et j’ai lu que beaucoup de hackers étaient en colère, que des hackers ont dit : Si Gary va en prison en Amérique, nous allons pirater le gouvernement américain jusqu’au trognon ! (Rire de Kerry.)

(Gary agite l’index devant la caméra de manière réprobatrice) Je vous en prie, ne faites pas ça, les gars !

KC : Y a-t-il d’autres gens qui se battent pour vous ? De la famille ? Des amis ?

GM : Ma mère est un soutien précieux. Mais j’ai la chance d’avoir quatre parents... Je parle à mon beau-père et à mon vrai père. Mais pas autant à ma belle-mère, parce qu’elle vit toujours en Écosse. Mais oui, mes amis sont un soutien incroyable, après m’avoir dit d’arrêter ce que je faisais. Ils ne savaient pas trop ce que je faisais, mais ils savaient que j’allais là où je n’aurais pas dû être. Ils me disaient continuellement : Ce n’est pas très malin de ta part de faire ça ! Et ils essayaient de m’en dissuader. Puis ils se sont mis en colère dès qu’il s’est su que j’avais été pris. Mais, oui, ils me soutiennent de façon incroyable !

Je pense que le mieux c’est quand on en plaisante. Parce qu’il y a parfois des sales moments, où je pense : Bon sang, je pourrais me retrouver avec 60 ans de prison ! Il est donc bon de conserver le sens de l’humour.

KC : OK. Quand on fait des recherches pendant deux ans, je suis sûre qu’une grande partie reste stockée quelque part dans le cerveau. Je serais curieuse de savoir – j’ignore bien sûr ce que vous avez lu récemment... – si vous avez jamais trouvé des éléments corroborant ce que vous pouviez avoir vu sur votre écran.

GM : Ah si. Sur mon histoire elle-même – juste le piratage en lui-même – je n’ai rien découvert... Bon, il n’y avait que quelques éléments. Je n’obtiens rien de plus. Il n’y a rien d’autre. Les feuilles Excel et la photo. Mais vous avez tout à fait raison : j’ai beaucoup lu récemment, de nombreuses personnes m’ont contacté, et je remercie tous ceux qui m’ont envoyé des livres et des DVD. Étant au chômage, etc., j’apprécie d’avoir de quoi m’occuper le cerveau. Je me suis rendu compte que j’avais visité des endroits qui, je l'ai découvert après coup, sont apparemment des foyers d’activité OVNI – China Lake...

KC : Bon, certainement, je suppose, le Centre Spatial Johnson ? (Elle rit.)

GM : Eh bien oui, tout à fait, le Centre Spatial Johnson. Quelques machines aussi à Fort Meade, en fait. Je pense réellement que j’ai dû aller dans des endroits beaucoup plus sensibles que je ne le croyais à l’époque. J’ai probablement manqué beaucoup de choses, savez-vous ?

KC : Ils ont donc recherché par mots-clés. N’est-ce pas ?

GM : Eh bien non. Il ne sert à rien de n’être que l’administrateur de la machine. Il vous faut être ce qu’on appelle dans le réseau Microsoft l’Administrateur de domaine, de manière à avoir le contrôle total de tout le réseau. Une fois arrivé là, on peut gérer un programme. À l’époque, j’en utilisais un, nommé Land Search, qui fouille tous les ordinateurs et récupère certains types de fichiers. Malheureusement, subtiliser les mots-clés du fichier ne suffisait pas à l’époque, et je devais donc me montrer créatif avec les noms de fichier.

KC : Waouh. Vous avez peut-être manqué quelque chose de top secret juste parce que le fichier avait un nom innocent qui ne faisait songer à rien ?

GM : Oui. Je me suis aussi rendu compte qu’au fond... J’étais sur un réseau – je ne dirai pas lequel – où, à cause de la technique du... Plutôt que de se promener avec un CD et d’installer Windows séparément sur chaque machine, on crée ce qu’on appelle une copie-image et on l’envoie sur toutes les machines du réseau. Dans ce réseau précis, l’image avait été faite avec un mot de passe administrateur en blanc, donc j’avais 5 000 machines, toutes avec le mot de passe administrateur en blanc. Quelle était la question, déjà ?

KC : Comment fouillez-vous quelque chose de ce genre ?

GM : Oh, d’accord. C’est ce que j’ai commencé à comprendre. Beaucoup trop de travail pour une seule personne. J’ai pensé : Boudi, ça va me prendre des années et des années ! Et c’est devenu vraiment barbant, parce que la plupart du temps on ne trouve rien. Et ma relation sentimentale se déglinguait. J’ai quitté mon emploi. Moi aussi, je me déglinguais, je ne mangeais plus correctement, je me négligeais. C’était devenu une obsession malsaine.

KC : Vous étiez donc réellement motivé, à un certain niveau.

GM : Oui. Je pensais faire quelque chose qui profiterait finalement à beaucoup de gens...

KC : Je pense que beaucoup de gens soutiennent le droit d’en connaître à un certain niveau – certainement celui de l’énergie libre. Regardez, si nous envoyons des officiers hors planète, pourquoi utilisons-nous des engins comme la Navette Spatiale, des vieux machins qui explosent dans l’espace ?

GM : Oui. Ce que vous dites sur le piratage informatique pour découvrir des trucs, je pense que je ne conseillerais à personne de faire ça, ni rien de ce genre. Mais il y a eu dans l’Histoire de nombreuses fois où on ne pouvait acquérir la liberté qu’en enfreignant la loi... Jésus lui-même, je me rappelle la Bible, faisait des reproches à ceux qui voulaient couper les mains des pauvres lorsqu’ils dérobaient de la nourriture posée sur la table. Ce type de choses. Ils sont pauvres, ils meurent de faim. Qu’on les autorise à voler un peu. En quoi cela nous nuira-t-il ?

KC : Exact. Envisagez-vous un avenir pour vous-même ?

GM : J’aimerais qu’on laisse tomber toute cette histoire, ou au moins être jugé dans mon propre pays. C’est la première chose. Cela me pompe évidemment une grande partie de mon énergie actuellement. De plus, j’en ai franchement marre de réparer les ordinateurs des gens. (Rire de Kerry) J’aimerais réaliser mes ambitions de chanteur, c’est ma passion - chanter et écrire des chansons.

KC : Oh... Très bien. OK.

GM : J’en ai ras le bol des machines, de la technologie, de la vie de dingue et du profit.

KC : OK. Désireriez-vous raconter autre chose sur cette expérience ? Concernant ce que vous faisiez, pendant ces deux ans ? Bien sûr, cela remonte à quelques années, et vous êtes maintenant plus âgé et plus mûr, mais avez-vous un message (Sourire de Gary) lié à ce que vous faisiez alors ? Si vous pouvez vous y reporter.

GM : Oui. (Il regarde droit dans la caméra et parle sérieusement.) Écoutez toujours votre petite amie ! (Il rit.)

KC : (Elle rit.) OK. Compris. Très bien !

OK. Ici Kerry Cassidy, et nous avons parlé avec Gary McKinnon, devant une bière (Gary montre son verre à la caméra) dans le jardin d’un pub de quartier, dans la banlieue de Londres. Pas vrai ?

GM : C’est exact.

KC : J’ai encore une question. Je me demande... Pensez-vous qu’actuellement, des organismes utilisent encore des mots de passe administratifs en blanc, dans les mises en réseau d’ordinateurs ?

GM : Bon. Eh bien, je n’en sais trop rien... S’agit-il là-bas du Government Accounting Office (un peu l’équivalent américain de la Cour des Comptes française – NdT) ? Ils pondent chaque année un rapport qui fait l’éloge de la sécurité fédérale dans l’infrastructure nationale critique. Je le lis tous les ans, et d’une année sur l’autre rien ne s’améliore. Je parierais une grosse somme d’argent que, si je recommençais ça aujourd’hui, on pourrait faire la même chose. Oui.

KC : Cela signifie donc que d’autres gens pourraient facilement trouver les mêmes choses que vous.

GM : Oui, je suppose.

KC : Seulement eux ne se font pas pincer.

GM : C’est ça. (Haussement d’épaules, sourire.)

KC : D’accord. Maintenant, concernant les ET, avez-vous jamais vu quelque chose vous-même ? Ou bien avez-vous eu des contacts avec d’autres races, des êtres d’autres planètes ?

GM : Non. J’ai vu quelque chose une fois, lorsque j’avais 11 ou 12 ans, je crois. Juste une lumière dans le ciel. Il faisait nuit et elle ne se déplaçait pas en ligne droite, mais de façon très erratique (Il dessine dans l’espace une ligne en zigzag allant d’un côté à l’autre.) – dans une certaine direction, mais avec un mouvement très erratique, d’un côté à l’autre. Je me suis dit : Ni un météore, ni un satellite. Mais je ne savais pas ce que c’était. Pas un avion. Avec un déplacement latéral très rapide.

KC : OK.

GM : Mon beau-père aussi a vu des trucs, et rêvé d’OVNI. Il habitait Falkirk, près de Bonnybridge, et Bonnybridge est très réputé pour ses observations d’OVNI. Il était fan de science-fiction, m’y a converti quand j’étais jeune, il a semé la graine qui a donné ça. Et puis, bon sang, rien que la perspective de rencontrer des êtres d’ailleurs ! C’est mieux que de nager avec des dauphins, pas vrai ? (Il sourit.)

KC : Bon argument ! Avez-vous enquêté sur votre propre gouvernement, êtes-vous libre d’en parler ?

GM : Laissez-moi le dire de cette manière-là : la sécurité de notre gouvernement est excellente !

KC : Oh, vraiment ? Comment ça ?

GM : Oui, mais une fois de plus, celle de la CIA, à Langley, aussi. Elle est également excellente !

KC : Mais vous avez pu vous introduire dans le Pentagone et dans la NSA (L’Agence de sécurité nationale –NdT).

GM : Oui, mais pas en violant leurs mécanismes de sécurité en tant que tels. J’ai utilisé une vielle technique, nommée l’exploitation des relations de confiance. Vous partez, disons, d’un site logistique de la Navy pas bien protégé. Et, puisque vous venez d’une adresse Internet militaire, toutes les autres vous font confiance. Vous gravissez progressivement les échelons et vous pénétrez plus profondément.

KC : OK. Vous lisiez donc des e-mails ? Pouviez-vous trouver ce genre de chose sur votre chemin ?

GM : Non. Je me faisais un point d’honneur de ne pas lire les courriels personnels.

KC : Oh, intéressant.

GM : Je cherchais de la documentation, pas des communiqués. Dès qu’on commence à lire les e-mails, eh bien, ça en fait des données à passer au crible !

KC : Bien. Et Majestic... êtes-vous au courant du site Majestic et des documents Majestic ? Des documents secret-défense, dont certains ont été dévoilés ?

GM : Oui. J’en ai entendu parler. À l’époque, voyez-vous, je n’étais pas encore dans les OVNI. Je n’agissais pas encore. J’ignorais des tas de choses. S’il en avait été autrement, j’aurais fait du meilleur travail et j’aurais tiré davantage d’informations. D’après ce que je sais, on n’a pas encore prouvé la réalité des documents Majestic, n’est-ce pas ? Mais je n’aime pas faire confiance sans avoir la preuve que c’est vrai, et c’est pourquoi je suis allé voir par moi-même plutôt que...

KC : D’accord. Eh bien, merci infiniment, Gary. Du bon travail. Nous allons essayer d’appeler maintenant Jerry Pippin, qui nous a aidés à mettre ceci sur pied. Et nous espérons vous revoir. Nous aimerions beaucoup savoir ce que vous avez dans votre manche, pour ainsi dire. (Sourire de Gary.) J’espère que le jour viendra où la levée du secret vous permettra de révéler réellement tout ce que vous avez vu au passage.

GM : Bon, je n’ai jamais dit que j’avais quelque chose dans la manche ! (il rit.)

KC : Tout à fait ! Je comprends. Mais vous devez comprendre qu’il y a toujours la question... C’est un sujet fascinant !

Très bien. Merci infiniment !






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