Un
questionnaire US, “Countering Violent
Extremism: A Guide for Practitioners and
Analysts” (Lutter contre la violence
extrémiste : guide du praticien et de
l'analyste), souhaite que la police, les
travailleurs sociaux et les éducateurs
décèlent d'éventuelles caractéristiques
terroristes chez les enfants et dans les
familles :
Votre enfant est-il un(e) terroriste ? Un questionnaire du gouvernement étasunien évalue les risque d'extrémisme dans les familles
Par Murtaza Hussain, Cora Currier, et Jana Winter
Tiré de The Intercept, lundi 9 février 2015
Votre enfant est-il un(e) terroriste ? Un questionnaire du gouvernement étasunien évalue les risque d'extrémisme dans les familles
Par Murtaza Hussain, Cora Currier, et Jana Winter
Tiré de The Intercept, lundi 9 février 2015
Risquez-vous, vous, votre famille ou la communauté à laquelle vous appartenez de passer à l'extrémisme violent ? C'est là le principe qui sous-tend un système d'évaluation conçu par le Centre National de Contre-terrorisme (the National Counterterrorism Center), selon un document obtenu par The Intercept et classifié "Pour usage officiel seulement".
Ce document -- et le système d'évaluation -- font partie d'une stratégie plus large cherchant à lutter contre la violence extrémiste, qui appelle la communauté locale et les chefs religieux à travailler de concert avec les forces de l'ordre et autres agences gouvernementales. La Maison Blanche a fait de cette approche un élément central de sa réponse aux attaques terroristes dans le monde et a annoncé, dans le sillage des attentats de Paris, son intention de tenir le 18 février un sommet international sur la Lutte contre la Violence Extrémiste.
Ce système d'évaluation, partie intégrante d'un document de 36 pages datant de mai 2014 et intitulé "Lutter contre la Violence Extrémiste : guide du praticien et de l'analyste", invite la police, les travailleurs sociaux et les éducateurs à évaluer les individus selon une échelle allant de 1 à 5, dans des catégories du genre : "Expressions de désespoir, futilité", "Parle de se faire du mal ou d'en faire aux autres", et "liens envers l'identité du groupe (race, nationalité, religion, ethnicité)." Ce système d'évaluation est censé attirer l'attention des responsables du gouvernement sur les individus qui risquent de passer à la violence radicale, et sur les familles ou les communautés où risquent de se développer des idéologies extrémistes.
On juge les familles selon des critères du genre "Conscience des activités réciproques", tout comme leur niveau de "liens entre parents et enfants", et les communautés sont évaluées selon leur accès aux soins de santé et aux services sociaux, en plus de l'[éventuelle] "présence d'idéologues ou de recruteurs", comme facteurs potentiels de risque.
Un faible score dans une quelconque de ces catégories indique, selon le document, un risque élevé de "Potentialités à s'engager dans la violence extrémiste", selon le document. Ce dernier encourage les utilisateurs du guide à reporter les scores sur un graphique, afin de déterminer quelles "interventions" pourraient mettre fin au processus de radicalisation avant même qu'il se produise.
"L'idée que le gouvernement fédéral puisse encourager la police locale, les enseignants, les employés des services médicaux et sociaux à évaluer le potentiel des communautés, des individus et des familles dont ils s'occupent à devenir terroriste, est à première vue choquant", dit Mike German, ancien agent du FBI qui travaille maintenant pour le Centre Brennan de Justice, à l'École de Droit de l'Université de New York. German a qualifié les critères d'évaluation utilisés de "subjectifs et spécieux".


